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LUNDI DE PAQUES A MERLU

 

Le printemps est enfin là et j’accompagne, en ce beau weekend de pâques, un pilote privé qui souhaite emmener son épouse à Calvi. La navigation vers la Corse depuis les Alpes est un modèle de simplicité : 3 VOR nous tirent depuis Gap jusqu’à la presqu’île de Saint Tropez depuis laquelle on se jette vers le nouveau transit maritime  DC-KC-WC d’une centaine de nautiques jusqu’à Calvi.

Comme l’âge me rend prudent et circonspect en matière d’Aviation, je renonce au vol prévu dimanche pour le reporter à lundi, et éviter ainsi les reliquats humides et le vent turbulent laissés par la dernière perturbation.

Première surprise lundi matin : la TEMSI France n’est pas disponible à 08h30 locale (l’hiver elles ne sont disponibles qu’à partir de 07h00 UTC pour une validité à 09h00 UTC) et nous devons nous contenter de la TEMSI EUROC. La ligne festonnée du temps significatif épargne largement la Corse, le METAR de Calvi nous annonce du Few à 2300 ft avec une visibilité supérieure à 10 kms, et le TAF n’évoque pas de changement majeur. En clair, c’est du beau temps, il fait beau dans le sud-est et nous n’avons rien à redouter de particulier.

C’est effectivement le cas pour la première partie du vol, mais un véritable mur de nuages, qui s’étagent de 2000Ft jusqu’à des hauteurs vertigineuses dont les sommets échappent à notre vue, nous attend à KC.

Cliquez ou copiez le lien video : http://www.youtube.com/watch?v=OTKayCeLkgg&list=UUpOTOWQE4cFDX4ZYTJNIbQA&index=2&feature=plcp

Il nous reste au maximum 01h50 d’autonomie, ce qui est peu si l’on considère la situation : le déroutement vers Cannes face au vent d’Ouest, me semble loin. Ajaccio paraît inaccessible derrière ce rideau de pluie et de nuages, Bastia reste une option mais je n’ai pas connaissance de son METAR. La tour de Calvi m’annonce toujours une visibilité supérieure à 10 km et je choisi de poursuivre la descente, en me battant pour maintenir les conditions VMC, vers le point d’entrée de Calvi encore estimé à une vingtaine de nautiques, mais objectivement, ce n’est pas terrible …

A dix nautiques de W je décide de virer cap au Nord-est pour essayer de sortir de ce piège avant de finir bêtement dans les montagnes corses. Des trombes d’eau noient notre DR400, brouillent notre vue et s’infiltrent par les interstices de la verrière jusqu’à tremper ma carte 500.000ème posée sur mes genoux.

Nous émergeons au large de Calvi comme des naufragés. Les vagues sous nos ailes sont ourlées d’écume, la visi s’est améliorée et les sombres collines corses gorgées d’eau sont à présent toutes proches.

La réalité est loin de la description faite par la TEMSI, et le sympathique météorologue de Calvi que j’interroge est forcé de l’admettre : les modèles informatiques utilisés par ses collègues de Nice n’étaient pas les plus judicieux. Je lui demande très sérieusement de leurs présenter nos compliments, et nous écourtons notre séjour. Je dois, et c’est la deuxième fois cette année, expliquer par téléphone au BRIA d’Ajaccio qu’il existe de nouveaux points de report pour la traversée Corse – Continent et que non, Merlu n’est plus un point de report obligatoire. La préposée du BRIA fini par accepter mon plan de vol et nous redécollons, les pleins complétés, dans un mauvais temps qui s’étale encore un peu plus vers le Nord. Il pleut de nouveau, nous devons libérer notre misérable FL45 pour nous traîner sous la couche à 2000 ft/mer.

Cliquez ou copiez le lien video : http://www.youtube.com/watch?v=DozFXRcv2Ms

En même temps, alors même que nous luttons de nouveau pour garder les minima VMC, Nice info nous renvoi vers Merlu à cause d’exercices militaires sur zone et nous oblige à recalculer notre route … changer son routing en vol sous un déluge d’eau, à une hauteur à peine supérieur à un tour de piste au dessus de la méditerranée, c’est pas cool comme dirait mon fils.

Plus sérieusement, quelques questions se posent d’elles-mêmes à l’issue de cette petite escapade humide :

- Pourquoi n’avons nous pas eu de TEMSI France disponible ?

- Pourquoi la TEMSI EUROC était-elle fausse ?

- Pourquoi les BRIA de Bastia et d’Ajaccio ne connaissent-ils toujours pas les nouvelles routes VFR ?

- Pourquoi le BRIA d’Ajaccio a-t-il accepté notre plan de vol alors qu’il devait avoir connaissance des manœuvres militaires sur zone ?

Personnellement j’ai les réponses:

- Parce que l’on était lundi de Pâques et parce que tout le monde s’en fiche.

Excellents vols à tous !

Serge Boichot

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10 000 : ce n’est qu’un chiffre symbolique…

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  Cette année, cela fera 30 ans que j’ai effectué ma première heure de vol. En effet, mes débuts en aviation remontent à l’âge de 15 ans. Cela me semble bien loin aujourd’hui, avec comme pour tous les pilotes, un … Continuer la lecture

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Alors, bon vol ?

Il fait très beau et très froid à Gap depuis plusieurs jours, et comme souvent après une dépression hivernale, le mistral s’époumone dans la vallée du Rhône. J’ai toujours détesté le mistral car il cache une violence de voyou derrière de grands ciels bleus de Provence. Il déborde largement sur les Alpes du Sud comme une rivière en crue, pour venir sournoisement fouetter les sommets enneigés. Du sol, depuis mon vénérable AéroClub Alpin, tout parait immobile et serein. Normal, nous sommes ici dans une bulle d’effet de Foëhn, cernés  de crêtes scintillantes de glace …

Mais le mistral en montagne, c’est encore pireu qu’à Marseilleu ! Surtout si on passe sous le vent d’un relief, ou dans un rotor … un pilote de l’Aero-club vient d’en faire l’expérience :

Nous traversons une zone de turbulences,

Vous ne rêvez pas, ça c’est passé aujourd’hui même, et je ne croyais même pas que c’était possible.

veuillez regagner votre siège et attacher votre ceinture !

Le gros morceau de verrière est quelque part dans un champ alpin, au passage il n’a apparemment pas touché l’empennage du DR400. Le pilote qui s’est pris une énorme « louche » ne s’est même pas fait mal … et a ramené sa passagère un peu interloquée par tant de violence, dans un ciel pourtant si clair ….

Plus sérieusement quels enseignements devons-nous en tirer ?

1 – le vent fort en montagne n’est pas un mythe.

2 – Lorsqu’on a un doute, il vaut mieux rester au sol que « d’aller voir » (ce conseil est valable pour toutes les méteo !)

3 - Il convient d’éviter les zones de turbulences de relief

4 - En réduisant  sa vitesse on réduit l’intensité de la turbulence

5 - Il faut bien serrer sa ceinture (rappelez vous qu’un passager d’un Breguet 14 de l’Aeropostale s’est envolé au passage des Pyrennées)

Dans le cas d’aujourd’hui, le pilote a eu de la chance : le choc dans la verrière aurait très bien pu le blesser, ou l’assommer. Dans ce cas sa passagère aurait du rapidement apprendre à piloter pour revenir au terrain …

vu depuis le siège pilote ...

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Un balcon sur le Groenland

Il n’y a que deux solutions, à l’heure où l’on vous fait vider votre tube de dentifrice aux contrôles d’embarquement, pour accéder à un cockpit de Boeing 777 : être Personnel Navigant de la compagnie ou pirate de l’air !  ne le répétez pas : j’ai encore quelques amis pilotes que la paranoïa n’a pas encore emportés, voici quelques photos pour nous faire oublier la grisaille de ce mois de novembre :

Le glass-cockpit du triple 7 est une merveille de simplicité et de clarté, un peu à l’inverse d’Airbus dont les EFIS débordent d’informations, ceux de Boeing n’affichent que Continuer la lecture

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L’ipad dans nos avions

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Depuis 2010, mon Ipad est présent dans mon sac de vol. Plus question de décoller sans lui. D’ailleurs, à part les jeux installés pour ma fille, ce sont les applications aéronautiques qui sont les plus nombreuses dans sa mémoire. Je … Continuer la lecture

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Etape OUARZAZATE – AR-RACHIDIA – FES

Journée du 7 octobre. Départ du bus à 7H30. Remontage de la batterie. On branche la batterie et le transpondeur sur le trajet AR-RACHIDIA – FES pour tester. Entre OUARZAZATE et AR-RACHIDIA on communique batterie sur OFF en radio portable de secours. Essence à AR-RACHIDIA. Démarrage sur prise de parc et batterie annexe. Le trajet OUARZAZATE – AR-RACHIDIA au niveau 75 est splendide, longeant l’ATLAS avec rencontre des oasis tranchant sur l’ôcre des montagnes…BOULMANE DADES, TINERHIR etc. Essence à AR-RACHIDIA et cap 340 sur FES. On monte au niveau 95, franchissons l’ATLAS, trouvons MIDELT et BOULEMANE. FES nous accueille après 1H30 de vol sous un ciel splendide. Sur place, accueil royal d’un ami de nos équipages corses, brasseur à FES. Danseurs du MOYEN-ATLAS sous une tente caïdale. Pastillas, légumes, méchouis et fruits après la bière d’accueil sous un soleil brûlant. On est bien sous la tente. Merci amis marocains de cet accueil digne des rois. Le groupe qui nous accueillait est le groupe Castel et son directeur est Mr Chaouï. Plein de soleil et de joie à vous tous. Martine et Jean-Pierre.

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Etape ZAGORA – OUARZAZATE

Journée du 6 octobre. Martine est aux commandes subjuguée par la beauté de la vallée du DRAA que nous remontons vers OUARZAZATE. Les oasis bordées de casbahs rouges suivent le cours de la rivière. La vallée est large. La radio ne marche plus à bord : panne d’alternateur sans doute. On communique en approche avec une radio portable de secours. Le GPS fonctionne bien. Il fait très beau. Nous retouvons à l’atterrissage la beauté de OUARZAZATE, son accueil et le confort de l’hôtel. Démontage de batterie à l’arrivée. Sportif ! Le mécanicien du rallye, Hanz, rechargera la batterie dans sa chambre d’hôtel. Bon repas du soir et Dodo…

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CAP JUBY – TAN TAN – ZAGORA

Journée du 5 octobre. Nous sommes ce soir à ZAGORA où des torrents de boue se déversent dans les rues. Même nos chambres n’ont pas été épargnées ! Aujourd’hui, il s’est passé beaucoup de choses. Tout d’abord, nous avons décollé ce matin de CAP JUBY à destination de TAN TAN qui se trouve à environ une heure de vol. Vol côtier avec des plafonds bas et quelques entrées maritimes. Ravitaillement en carburant et repas sur place. Puis, départ pour ZAGORA à environ 3 heures de TAN TAN. Après avoir contourné le terrain militaire de GUELMIN, nous avons cheminé le long de la route qui borde l’ANTI-ATLAS jusqu’à ZAGORA. Une heure avant notre destination, nouvelle panne d’alternateur et contournement d’un cumulonimbus (CB), privés de nos servitudes de bord. Heureusement, il nous restait le GPS ! Arrivée mouvementée sur ZAGORA avec nouvelle présence d’un CB sur le terrain et attente de 30 minutes avant de pouvoir atterrir. A terre, les avions venaient d’essuyer une tempête de sable suivie d’un orage de grêle avec des rafales de vents supérieurs à 100 km/h. Maintenus fermement au sol par leurs attaches ainsi que par les membres d’équipage présents sur le terrain, les avions ont pu être épargnés. Ce soir, nous sommes de nouveau tous réunis en attendant de pouvoir repartir demain. Mille pensées pour vous. Martine et Jean-Pierre.

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TIZNIT – CAP JUBY

Journée du 4 octobre. C’est en foulant le sable de la plage de TARFAYA que nous vous envoyons ce petit message. Nous avons effectué un très beau vol entre TIZNIT et TARFAYA et survolé la mer à 500 pieds. L’arrivée à CAP JUBY (TARFAYA) est toujours un grand moment de bonheur.
 
Pour l’épreuve du jour (épreuve d’angles de flèches), nous devions faire un passage à la verticale de TAN TAN (environ 100 NM avant TARFAYA) mais nous avons cru que c’était à TARFAYA. On a donc perdu 300 points et de la 4ème place nous avons rétrogradé à la dernière position !
 
Mais nous sommes bien décidés à refaire notre retard et ce n’est pas la panne de démarreur dont nous avons été victime qui nous en empêchera. Le Petit Prince devait nous regarder du haut de sa planète lorsque nous étions bloqués par cet incident dans notre petit coin de désert.
 
Hanz, notre mécanicien aux doigts d’or, a fait des prouesses et nous avons pu repartir pour rejoindre les autres équipages. A l’arrivée, les notables locaux nous attendaient. Nous leur avons présenté SAINT-EXUPERY (avec sa voix) ainsi que le pilote DELAUNAY. Puis nous avons dormi sous la tente face à la mer. Et maintenant, nous attendons le départ pour ZAGORA.
 
On vous envoie des embruns chargés du parfum de l’histoire de l’aéropostale.
 
Martine et Jean-Pierre
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TIT MELLIL – ESSAOUIRA – CAP JUBY

Journée du 3 octobre. Nous décollons de TIT MELLIL pour rejoindre ESSAOUIRA deux heures plus tard par le cheminement maritime entre 500 et 1000 pieds le long de la côte. Après une vue de la Grande Mosquée de CASA, au rythme du temps qui s’égrène, nous passons les points EL JADIDA et SAFI. La météo est bonne : visibilité 8 km. Nous avons la joie de pouvoir descendre pour survoler les barques des pêcheurs et sentir l’air marin. ESSAOUIRA : une épreuve d’orientation avec flèches et un QCM d’histoire (nous sommes 4ème au classement général). Repas dans un bel hôtel. Demain, 4 octobre, nous nous envolerons pour le lieu mythique de TARFAYA (CAP JUBY). Nous vous adressons, par la pensée, un parfum de jasmin et de fleur d’oranger. Martine et Jean-Pierre.

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