Il fait très beau et très froid à Gap depuis plusieurs jours, et comme souvent après une dépression hivernale, le mistral s’époumone dans la vallée du Rhône. J’ai toujours détesté le mistral car il cache une violence de voyou derrière de grands ciels bleus de Provence. Il déborde largement sur les Alpes du Sud comme une rivière en crue, pour venir sournoisement fouetter les sommets enneigés. Du sol, depuis mon vénérable AéroClub Alpin, tout parait immobile et serein. Normal, nous sommes ici dans une bulle d’effet de Foëhn, cernés de crêtes scintillantes de glace …
Mais le mistral en montagne, c’est encore pireu qu’à Marseilleu ! Surtout si on passe sous le vent d’un relief, ou dans un rotor … un pilote de l’Aero-club vient d’en faire l’expérience :
Vous ne rêvez pas, ça c’est passé aujourd’hui même, et je ne croyais même pas que c’était possible.
Le gros morceau de verrière est quelque part dans un champ alpin, au passage il n’a apparemment pas touché l’empennage du DR400. Le pilote qui s’est pris une énorme « louche » ne s’est même pas fait mal … et a ramené sa passagère un peu interloquée par tant de violence, dans un ciel pourtant si clair ….
Plus sérieusement quels enseignements devons-nous en tirer ?
1 – le vent fort en montagne n’est pas un mythe.
2 – Lorsqu’on a un doute, il vaut mieux rester au sol que « d’aller voir » (ce conseil est valable pour toutes les méteo !)
3 - Il convient d’éviter les zones de turbulences de relief
4 - En réduisant sa vitesse on réduit l’intensité de la turbulence
5 - Il faut bien serrer sa ceinture (rappelez vous qu’un passager d’un Breguet 14 de l’Aeropostale s’est envolé au passage des Pyrennées)
Dans le cas d’aujourd’hui, le pilote a eu de la chance : le choc dans la verrière aurait très bien pu le blesser, ou l’assommer. Dans ce cas sa passagère aurait du rapidement apprendre à piloter pour revenir au terrain …









