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Endeavour, le dernier soubresaut du rêve américain

Le 16 mai dernier l’énorme assemblage navette-réservoir externe-boosters de la navette Endeavour s’arrachait du sol de Floride pour un vol tristement historique : la mission STS 134 mené par le commandant Mark Kelly est l’avant-dernière mission spatiale habitée menée par les USA.

Sale journée.

Le vieux 747 d’AirFrance dans lequel je somnole n’en fini plus de ne plus partir du MIA (Miami Intl Airport). Le départ de la veille à déjà été retardé de 24hoo, puis de quelques heures encore par un orage tropical, et maintenant par l’arrivée de l’Air Force One de la famille Obama qui bloque tous les trafics au départ comme à l’arrivée.

Quelle ironie de l’histoire !  le président Obama vient saluer le départ des derniers astronautes et dit « good bye » aux programmes habités à Cap Canaveral, l’endroit même où JF Kennedy avait dit « Hello » à la lune et au programme Apollo. Obama sacrifie le rêve américain sur l’autel des économies budgétaires. C’est un argument de temps de crise qu’aucun citoyen ne pourra contester, et le gouvernement américain le sait bien. Il enterre le projet « moon to mars », il renvoi les navettes dans les musées et les astronautes au chômage car la NASA coûte 19 milliards de dollars par an à la nation, et c’est énorme. Pas autant cependant que le budget militaire qui s’élève à 698 milliards de dollars (pour l’année 2010). Les guerres américaines coûtent 36 fois plus cher que le rêve de JF Kennedy.

L’aventure de la NASA, au delà même de ses retombées scientifiques, avait pourtant réussi à unifier les américains au reste du monde par un projet planétaire, un rêve commun, une aventure humaine partagée.

En abandonnant les vols habités, le gouvernement US laisse la porte des étoiles grande ouverte aux russes, leurs anciens compétiteurs, et aux chinois, dont les bureaux d’études débordent de projets.

Obama tourne le dos à l’espace, et à l’esprit pionnier américain. Il est vrai que les élections sont proches, et que les lobby militaro-industriels financent les campagnes politiques, pas les rêves d’étoiles.

Lorsque j’ai croisé son avion, le 747 Air Force One, je l’ai trouvé triste et fatigué sur son parking, comme s’il songait qu’un jour un de ses frères avait transporté la première navette sur son dos, et que tout ceci à présent faisait partie de l’histoire.

Serge Boichot

 

 

 

 

Serge Boichot

Serge Boichot a commencé par le vol à voile à l'âge de 14 ans, il est instructeur et examinateur avion à l'Aéroclub Alpin (LFNA) où il a formé de nombreux pilotes. Il contribue à plusieurs revues aéronautiques et a réalisé plusieurs raid aériens en Europe et en Amérique du Sud. Il a également les qualifications CPL/IR/ME.
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