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	<title>Aviation-Pilote &#187; Régis Hua-Van</title>
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		<title>10 000 : ce n’est qu’un chiffre symbolique…</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Feb 2012 09:19:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Régis Hua-Van</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aviation commerciale]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.aviation-pilote.com/blog/wp-content/uploads/Phonguet-aux-Cdes-dun-C172-en-19851.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-374" title="Phonguet-aux-Cdes-dun-C172-en-19851" src="http://www.aviation-pilote.com/blog/wp-content/uploads/Phonguet-aux-Cdes-dun-C172-en-19851-300x207.jpg" alt="" width="300" height="207" /></a>Cette année, cela fera 30 ans que j’ai effectué ma première heure de vol. En effet, mes débuts en aviation remontent à l&#8217;âge de 15 ans. Cela me semble bien loin aujourd&#8217;hui, avec comme pour tous les pilotes, un dilemme presque cornélien : d&#8217;une part avec le temps qui passe, il y a une certaine fierté et joie d&#8217;accumuler de l&#8217;expérience sous forme d&#8217;heures de vol, et d&#8217;autre part, la nostalgie ou même le désespoir de voir ce même temps, filer inexorablement&#8230;</p>
<p><span id="more-348"></span></p>
<p><a href="http://www.aviation-pilote.com/blog/wp-content/uploads/B777-cockpit-pause-repas.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-372" title="B777 cockpit pause repas" src="http://www.aviation-pilote.com/blog/wp-content/uploads/B777-cockpit-pause-repas-300x195.jpg" alt="" width="300" height="195" /></a>Mardi 31 janvier 2012: quand j&#8217;arrive, en cette fin d&#8217;après-midi, aux opérations de Qatar Airways à Doha, j&#8217;ai en tête le total de mes heures de vol  couché à ce moment sur mon carnet de vol: 9998 heures et 24 minutes. Deux heures plus tard, en compagnie de Dave, le commandant de bord britannique de cette courte rotation sur Hong Kong, j&#8217;escalade vers la tropopause un ciel noir et parsemés de milliards d&#8217;étoiles. Une heure et 36 minutes après avoir quitté le parking à Doha, c&#8217;est donc aux commandes d’un B77F (Boeing 777 cargo), au FL390 (39000 pieds ~12000m) au large de Karachi que je passe officiellement le cap des 10 000 heures de vol. Je sais, ce n’est qu’un nombre mais il est symbolique et dans notre société, on aime bien les symboles… A l’arrivée, j’avais même sur mon carnet de vol, 10 005H 32min ! Comme dit, ce n’est qu’un chiffre officiel car en pratique, j’ai sans doute plus que cela : par exemple si l’on considère le temps passé en place droite avec Josiane, ma chère épouse pilote privé (bientôt 15 ans qu’on se connaît – un autre chiffre symbolique!), avec qui j’ai partagé de nombreux vols. Qu’ils soient locaux ou qu’il s’agissent de navigations au long cours comme lorsque nous partons en vacances, je suis rarement inactif: je peux être amené à tenir quelques instants les commandes, ou à effectuer les communications ou encore la navigation, tâche qui peut se révéler quelque peu ardue en notre beau pays de France miné de nombreuses zones interdites, réglementés ou dangereuses, sans compter les espaces aériens contrôlés. Avant elle, c’est avec un ami suisse que j’ai partagé des vols pendant 15 ans. Il s’agit donc là de dizaines d’heures de vol que je n’ai pu officiellement « loguer » comme on dit dans notre jargon franglais.</p>
<p>Le lendemain matin, j’ai profité de ce moment symbolique en remplissant quasi religieusement mon carnet de vol (le cinquième depuis que j’ai commencé à piloter), pour me remémorer quelques-uns de ces instants aéronautiques qui rythment et parfois marquent la vie d’un aviateur, à commencer par le tout premier d’entre eux, ma première leçon prise par une belle journée de novembre 1982 (et oui, c’est bien ce que je disais : il y a presque 30 ans !) avec mon premier instructeur, Claude Chanclu (toujours en service !) à bord d’un des deux Cessna 152 de l’Aéro-Club du Haut-Rhin (ACHR), le F-GCHB. A noté que son « jumeau », le F-GBJA, sur lequel j’ai aussi fait de nombreuses heures et le Tour de France Aérien de 1987, est toujours, lui aussi, en service au sein de l’ACHR ! A l’issue de ce premier vol, Claude m’a montré comment remplir les différents documents comme le carnet de route de l’avion et bien-sûr le fameux carnet de vol que tout pilote se doit de tenir à jour. De nombreux pilotes chevauchant des jets par-dessus la tropopause, considèrent cette tâche comme une corvée et se contentent de remplir une ligne par mois renvoyant aux rapports de vol de leur compagnie. Personnellement, j’aime remplir mon carnet de vol après chaque journée passée dans le ciel, car c’est un peu de ma vie que je couche ainsi au fil des pages. Mon carnet de vol, c’est comme un album photo, sans les images… Par exemple, volant un jour avec un collègue croate de Qatar Airways, j’ai pu retrouver dans mon carnet, le nom de ceux avec qui j’avais volé lors de mon passage quelques années plus tôt, dans une compagnie croate, et ils se trouvent qu’il en connaissait bien quelques-uns. Et alors, me direz-vous ! Alors, c’est comme l’album photo, ça ne sert pas à grand-chose, sinon à se souvenir. Ah si, ça sert aussi lors des entretiens d’embauche : quand j’ai sorti mes 4 (car à l’époque je n’en avais que 4) carnets de vols et les ai tendus à l’un des pilotes qui menait mon entretien d’embauche chez Qatar Airways, j’ai bien vu dans ses yeux qu’il se disait que mon cas ne devrait pas poser de problème en matière d’expérience.<br />
Toute modestie mise à part, même si on ne regarde que les 2 dernières pages de mon carnet de vol, cela illustre l’idée que je me fais de ce que devrait être un aviateur : quelqu’un qui aime voler, quel que soit la taille de la machine. Certes, j’ai 2 fois plus d’heures de jet que de monomoteur mais c’est « mécanique » : Doha-Houston, c’est 16 à 17H de vol (en fonction des vents et des embouteillages dans le ciel), alors qu’une séance de voltige tourne autour d’une demi-heure…<br />
Après avoir rempli la première ligne de mon carnet de vol à l’âge de 15 ans, je rêvais du nombre de pages que je pourrais remplir par la suite. Voilà que près de 30 ans plus tard, j’en suis à mon cinquième carnet. Que d’émotions entre cette première et cette dernière ligne: plaisir, doute, déception, joie&#8230; toute la palette des sentiments humains est passée le long de ces 10000 heures de vols.<br />
A 44 ans, il me reste donc normalement un peu plus de 20 ans de carrière, ce qui, à raison de 800H/an, me permet d’espérer inscrire un jour ma 26000ième de vol… J’espère bien ensuite, continuer à voler pendant de nombreuses années : 10, 15, 20 ans, plus ? Seule mon aptitude médicale devrait me le dicter. Mais bon, la vie étant pleine d’imprévus, mieux vaut donc ne pas vendre l’heure de vol avant de l’avoir effectuée et profiter de chaque moment passé en vol, comme au sol, du reste ! Ça tombe bien, parce que le soir même, je repartais à Doha, c’est-à-dire après seulement 16H d’escale. Une fois que le soleil fut couché sur Hong Kong je n’ai pas tardé à en faire autant. C’est le charme de ces escales courtes : on arrive, on dort, on repars ! C’est ce qu’on appelle chez Qatar Airways « Crew usage optimization ». C’est crevant, frustrant (on ne sort pas de l’hôtel) mais légal, alors tout va bien ! Je ne connais pas un pilote qui ne se plaigne pas de sa compagnie, il n’y donc pas de raison que je fasse exception à la règle, même si j’adore mon boulot !</p>
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		<title>Le syndrome du jet privé</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Apr 2011 14:44:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Régis Hua-Van</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aviation générale]]></category>

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		<description><![CDATA[L’actualité de ces derniers temps le montre bien : même en ce début du XXIe siècle, la plupart de nos concitoyens ne comprennent rien en matière d’aviation et notamment d’aviation générale. Il ne s’agit ici nullement de discuter du bien fondé &#8230; <a href="http://www.aviation-pilote.com/blog/2011/04/18/le-syndrome-du-jet-prive/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.aviation-pilote.com/blog/wp-content/uploads/N4QG_SFO31.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-26" src="http://www.aviation-pilote.com/blog/wp-content/uploads/N4QG_SFO31-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p>L’actualité de ces derniers temps le montre bien : même en ce début du XXIe siècle, la plupart de nos concitoyens ne comprennent rien en matière d’aviation et notamment d’aviation générale. Il ne s’agit ici nullement de discuter du bien fondé des vacances de tel <span id="more-24"></span>homme ou telle femme politique, mais de constater qu’il est malheureusement toujours très mal perçu de voyager en avion privé, en hélicoptère et surtout en « Jet privé » !</p>
<p>Pouah le vilain mot que voilà, vilipendé par les media et synonyme de privilège indu ! Et pourtant, interrogez les sociétés d’avions taxi ou les constructeurs de ces fameux jet privés, qui au passage, génèrent en France des milliers d’emplois hautement qualifiés, et ils vous le diront : 90% de leurs clientèles sont des hommes ou femmes d’affaires ayant besoin d’un moyen de déplacement performant, c&#8217;est-à-dire souple, confortable et rapide. Souple, afin de pouvoir se déplacer quand ils veulent et d’où ils veulent, confortable pour pouvoir y travailler ou s’y reposer et rapide pour bien évidement gagner du temps car c’est bien connu, le temps c’est de l’argent ! Or si l’aviation de ligne peut offrir des vitesses et, dans une certaine mesure, un confort comparables à l’aviation d’affaire, elle ne peut pas rivaliser sur sa souplesse et encore moins aujourd’hui qu’avant un certain 11 septembre… Devoir se rendre selon des horaires fixes dans des aéroports parfois bondés et prévoir une à trois heures selon les cas, pour l’enregistrement, les contrôles de police et de douanes et surtout le passage des filtres de sécurité, est souvent bien incompatible avec l’emploi du temps chargé d’un cadre supérieur ou d’un ministre. Alors oui, se déplacer en avion privé a un prix mais le calcul montre qu’il est largement amorti par le gain de temps si l’on considère le coût horaire des personnes transportées, celui des chambres d’hôtels que l’on économise sans compter celui des billets d’avion de ligne…</p>
<p>Ainsi, pour en revenir aux hommes politiques, la Court des Comptes avait épinglé notre Président de la République pour ces déplacements en vacances en… avion de ligne ! En effet, s’il payait de sa poche, le billet de Carla et le sien, l’Etat français (c&#8217;est-à-dire « nous », contribuables) payait les billets de ses gardes du corps et de quelques indispensables collaborateurs, le tout, bien entendu, en 1<sup>ère</sup> classe. Tout cela, et l’on peut faire confiance à la Court des Comptes pour avoir fait le calcul, revenait finalement plus cher qu’un Falcon présidentiel d’autant que… celui-ci devait suivre le Président en cas d’urgence nécessitant son retour précipité dans la capitale ! Chercher l’erreur…Vous l’aurez sans doute compris, tout cela est fait pour éviter le fameux style « Bling bling » si coûteux en popularité !</p>
<p>Plus proche de nous, j’avais, il y a quelques années, formé à l’IFR américain (pouah, encore un autre vilain mot, mais cette fois, pour nos administrations aéronautiques !), un pilote propriétaire d’un Beech Bonanza ré-immatriculé pour l’occasion en « N ». Ce directeur général d’une grande société de fabrication de cuisines, m’avait alors expliqué que, s’il utilisait son avion surtout pour des déplacements personnels, il lui arrivait aussi de le faire pour raison professionnelle et qu’alors, il ne facturait à sa société que le coût de l’essence. Il se voulait donc discret sur le fait d’être pilote privé et « pire », propriétaire d’avion. Et pourtant, j’ai eu une belle illustration de l’efficacité de cet outil de transport lorsqu’un jour il m’a demandé de l’accompagner pour un voyage d’affaire sur deux jours entre sa base à Colmar, Milan et Ancône. Partis dès 7H, nous sommes arrivés à Milan 1H30 plus tard, à temps pour sa réunion de 9H. Après son repas d’affaires, nous sommes repartis pour Ancône où nous nous sommes posés à 16H, ce qui lui a permis une autre réunion avant le dîner. Le lendemain, journée de travail complète et décollage à 17H pour Colmar où nous nous sommes posés avant 20H. S’il avait dû couvrir ces 1500 km, en voiture, trains ou avion de ligne, il aurait fallu compter une journée de plus, donc une nuit d’hôtel et deux repas supplémentaire pour lui-même et son pilote, en plus du coût de sa journée de travail et de la fatigue générée.</p>
<p>Curieusement, aucune personnalité publique n’a jamais osé expliquer au grand public que l’aviation générale était surtout un outil de performance bien avant d’être un produit de luxe. Les hommes politiques de tous bords sont les premiers faux-jetons en la matière : pour la plupart friands de ce mode de transport qui leur permet par exemple de faire campagne aux quatre coins de leurs pays à moindre fatigue, ils n’hésiteront pas à jeter l’opprobre, à l’image du Président Obama, sur ceux qui feront de même ! Pire, à de rares exceptions près, comme John Travolta ou Harrison Ford, ceux qui pratiquent l’aviation cachent leur passion comme une maladie honteuse : à part les membres de la communauté aéronautique, qui sait que Jacques Brel était pilote et propriétaire d’avion ? Dans les années 80, un grand hebdomadaire montrait Michel Rocard tenant fièrement la barre d’un voilier mais silence sur son activité de vélivole… pourtant il y a « voile » dans « vol à voile » ! Plus récemment, lors de notre combat pour l’application des accords de Schengen à l’aviation générale, j’avais tenté de faire appel à David Douillet et Michel Polacco (France Inter) et l’on m’a  poliment répondu que ce n’était pas bon pour leur image…</p>
<p>Le mot est lâché : l’IMAGE ! Celle qui colle aux ailes de notre aviation est celle d’une activité de privilégiés, élitistes voire égoïstes : nous sommes de cette caste qui ne pense qu’à son plaisir onéreux, bruyant et dangereux ! De plus, on rend même jaloux : n’oublions pas que celui qui entreprend quelque chose va avoir contre lui tous ceux qui veulent faire le contraire, ceux qui voudraient faire la même chose, et surtout, l’immense masse de ceux qui ne font jamais rien.</p>
<p>Enfin, même à notre échelle de pilote privé, ce phénomène est notable. Je me suis ainsi vu reproché, par un de mes proches, d’étaler mes voyages en avion, supposés coûteux. J’ai donc dû expliquer qu’à raison de 120€/H en Cessna 172 et de 220km/H, le coût kilométrique n’était que de 0,55€, soit sensiblement celui d’une berline si on y intègre non seulement le coût de l’essence (ce à quoi se limitent la plupart des gens), mais aussi comme pour nos avions, celui de la maintenance, des assurances, de l’amortissement, etc. De plus, il s’agit là de kilomètres en ligne droite, contrairement à la voiture, différence passablement sensible comme par exemple en montagne.</p>
<p>Voilà donc pourquoi si « Les oiseaux se cachent pour mourir » les hommes se cachent pour voler ! Il est du devoir de chacun d’entre nous, de rappeler à notre entourage et à toute personne ou média, tous les bienfaits qu’apporte notre aviation tant en terme économique que de service pur (secours, transport d’organes, formation, etc), que cette activité saine est accessible pratiquement à tous. N’hésitons pas à frapper les esprits par certaines comparaisons : ainsi, le budget d’un pilote privé moyen effectuant 15H de vol par an est équivalent à celui d’un fumeur qui consommerait un paquet de cigarettes par jour ! Eh oui, faites le calcul ! De la même façon, 4 années de cigarettes paye une formation de pilote privé. J’ai ainsi pu convaincre un ami d’arrêter de fumer il y a 2 ans… plus que 2 autres années à attendre ! Vu comme ça, on peut se demander si la sécurité sociale ne devrait pas financer toute formation de pilote privé entreprise sur cette base…</p>
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