Question de mentalités
Le débat qui fait rage outre-Atlantique concerne le budget de l’administration fédérale de l’aviation, la FAA. À l’instar des administrations européennes, l’administration aéronautique américaine considère, elle aussi, que son budget de fonctionnement ne lui permet plus de rendre tous les services qui sont du ressort de sa responsabilité.
Mais, contrairement à l’Europe, la FAA doit se justifier de son souhait de passer dans un futur proche à un système où les pilotes et les exploitants seraient contraints de payer des services rendus gratuitement jusqu’à aujourd’hui. Et les parlementaires américains de demander aux fonctionnaires fédéraux de justifier de la nécessité de cette évolution car il n’est pas question d’y investir de l’argent public.
La FAA fait donc, elle aussi, l’unanimité contre elle.
Côté pilotes, la fronde est menée conjointement par les deux grandes associations : l’association de pilotes AOPA et l’association des pilotes et constructeurs d’avions expérimentaux EAA. Ces deux associations pratiquent le lobbying de façon naturelle, n’oubliant jamais de dénicher dans les corps législatifs les élus sensibles à la cause de l’aviation générale.
C’est grâce à cela que l’externalisation de certains services auprès des sociétés privées a déjà eu lieu, sans que celles-ci ne puissent facturer pour autant leurs prestations aux utilisateurs. Par exemple, le fameux système de briefing météo a été confié à Lockheed Martin. Cette société de taille et aux ambitions mondiales a été capable d’augmenter les services aux pilotes sans accroître les dépenses liées au fonctionnement du système.
N’en doutons pas, l’externalisation des autres services, si elle doit se faire, se fera de manière acceptable pour les pilotes et les professionnels, techniquement et financièrement, simplement en faisant jouer la concurrence dans la plus grande transparence.
En fait, si l’on fait le parallèle avec les difficultés que rencontrent les pilotes européens en ce moment, on s’aperçoit qu’il s’agit d’une simple question de mentalités, tellement différentes aux USA, du moins en matière d’aéronautique.
Il n’y a là-bas ni puissant, ni misérable, ni riche, ni pauvre. Pour Marion Blakey, administratrice de l’agence fédérale, tous les citoyens-pilotes ont le droit
inaliénable de partager les mêmes espaces et les mêmes aéroports.
Mme Blakey veut le plus possible d’avions légers dans le ciel américain !
Cette vision, tellement différente de ce que nous connaissons en Europe, est fondamentale. Il en découle, par exemple, le fait que les nouvelles technologies embarquées ne sauraient êtres imposées si, du fait d’un prix encore prohibitif, elles empêchent les pilotes d’aller et venir partout. En un mot, quelle que soit votre appartenance à tel ou tel groupe d’usagers, vous êtes traité en pilote, jamais en empêcheur de tourner en rond.
Un modèle dont les Européens doivent s’inspirer.
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