ESSAI EN VOL
À Montpezat d’Agenais, sur la célèbre Base ULM Saint-Exupéry qui a formé des milliers de pilotes ULM en plus de 40 ans, nous avons essayé le Skyleader 400 Cruiser, le dernier né du constructeur tchèque. Un confortable biplace, à la fois rapide pour voyager loin et suffisamment lent pour se poser sur les pistes ULM les plus courtes. Découverte aussi du clan Boucherat.
« Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve, une réalité. » Voilà une citation pleine de promesses, attribuée probablement à tort à Antoine de Saint-Exupéry et à son Petit Prince, mais qui lui colle si bien, et depuis si longtemps, que cela soit ou Saint-Ex ou Pierre Curie qui l’ait écrite, n’a plus d’importance. En tout cas, c’est bien cette citation qui accueille le visiteur dématérialisé sur la page de garde du site Internet de la Base ULM Saint-Exupéry.
Et c’est là que nous nous sommes donné rendez-vous, Jean-Michel et moi, par ce matin d’été caniculaire. Enfin ! Et sur la pointe des pieds, et avec des fleurs en mains pour nous faire pardonner, car ce projet de découvrir la Base ULM St-Exupéry à Montpezat, dans le Gard, et les constructeurs multi-axes qu’elle représente, Skyleader et Groppo, a été abandonné un nombre incalculable de fois sur plusieurs années, les planètes n’étant jamais correctement alignées : mauvais temps, avion indisponible, agendas incompatibles, démonstrateur vendu…
Mais Luc Boucherat, le responsable de la base, est d’une cordialité qui n’a d’égal que sa patience exemplaire. Il nous accueille tout sourire, en famille, avec sa sœur Lea et son père Philippe, et c’est ce dernier, un pilote privé à l’origine de la base, qui va répondre à la question qui m’intrigue quand on sait qu’Antoine de Saint-Exupéry et le Petit Prince sont des marques aux quelque 350 licences et 10 000 produits dérivés, protégés bec et ongles par les ayants droit à la succession.
« En fait, j’avais d’abord pensé à Henri Fabre, l’inventeur de l’hydravion, puis à Otto Lilienthal, l’un des patriarches de l’aviation et, finalement, j’ai choisi Saint-Exupéry, un nom carrément mythique, de plus connu du monde entier ! Et, comme le hasard fait bien les choses, l’un de nos premiers élèves, Alban, était justement un membre de la célèbre famille, il nous a donc autorisés officiellement à utiliser « son » nom et, par la suite, il a tempéré l’ardeur de ses cousins quand ils ont essayé de m’en empêcher. » Saint-Ex, le pilote passionné qui n’avait rien d’un mercanti, n’aurait pu que se réjouir de ce choix. […]