TECHNIQUE
Rédiger un article qui traite de l’injection en 2025 résonne, pour le technicien qu’est Christophe Huchet, comme de vouloir justifier la pénicilline pour un médecin. Tout le monde sait que c’est une découverte qui a marqué l’évolution de l’humanité ou, dans ce cas, de la technique. Il donne ses conseils d’utilisation du Rotax 912iS.
L’injection moderne, dite « électronique », est née en 1980 et depuis cette époque, il n’y a aucune industrie utilisant des moteurs à combustion interne employant de l’essence qui n’ait abandonné les carburateurs à son profit sauf… l’aéronautique qui, pourtant, avait grandement contribué à sa création : c’est un comble !
Trente ans plus tard, en 2013, Rotax, le nouveau venu pour la motorisation des aéronefs, lance le 912iS qui fait… un flop ! Ce n’est bien sûr pas ce qu’ils vous diront, mais il suffit de regarder le faible nombre de constructeurs qui proposait dans leurs gammes des machines, ULM ou avions, équipées de ce moteur pour en être convaincu.
Pourtant, la fiche technique affiche clairement la volonté du motoriste d’équiper le plus grand nombre d’aéronefs en priorité certifiés : une redondance à tous les étages, des injecteurs aux capteurs, en passant par l’allumage, la gestion électronique et la production électrique ; tout est en double ! Malgré cela, il faudra attendre les versions turbo de ce moteur : 915 et 916iS, qui prouveront leur fiabilité, pour que l’injection soit enfin plébiscitée.
Les raisons du désamour du 912iS au cours de ses premières années, selon Régis DBDC : « C’est une usine à gaz, trop compliqué, ça tombe en panne, personne ne sait réparer ces trucs-là ! » C’est en effet l’image qui va coller à la peau de ce moteur pendant près d’une décennie et, n’en déplaise à ses détracteurs, presque sans aucune raison.
Le recul dont nous bénéficions aujourd’hui grâce aux « early adopters », nous montre que ce moteur est extrêmement fiable – plus encore que ses devanciers à carburateurs, pourtant référents sur le sujet –, beaucoup moins gourmand qu’eux (-25 %) et immensément plus agréable à l’utilisation. Je n’ai aucune action chez Rotax ni aucun avantage auprès d’eux, mais dire le contraire ne relèverait que de la mauvaise foi, ce que vous et moi savons être un comportement inconnu des pilotes… […]