TRANSPORT AÉRIEN
Depuis 1989, la compagnie Air Corsica a transporté plus de 40 millions de passagers. Air Corsica est le lien presque vital avec le continent. Grâce à elle, la Corse reste un double département français. Cette continuité territoriale satisfait de nombreux besoins de la population.
Juillet 2025, dans le bureau de la régulation d’Air Corsica, il fait frais. Dehors, par la fenêtre, le soleil brûle le tarmac d’Ajaccio. Didier, le chef de quart, et Marc-Ange, le régulateur PN (personnels navigants), sont derrière leurs écrans. Malgré le silence dans la pièce, la tension est palpable, la charge de travail aussi. Deux jours après la grève des contrôleurs aériens qui a provoqué un tôlé chez les passagers et les responsables de compagnies aériennes, les deux magiciens du centre de coordination opérationnelle (CCO) tentent d’assurer les vols de la compagnie et une certaine fluidité de l’exploitation malgré les nombreux créneaux qui affectent leurs rotations. Officiellement, il n’y a pas de monde pour gréer tous les centres de contrôle en vol, les deux hommes y voient surtout une grève déguisée.
Les avions ont parfois plus d’une heure de retard, ce qui bouleverse toute l’exploitation, à la fois dans le timing, mais aussi dans l’organisation des Corses qui doivent partir et, surtout, revenir chez eux. Un simple Marseille-Calvi, une ligne bord à bord courte, peut prendre 40 minutes de retard. Et puis, il y a également les A320neo qui doivent assurer la rotation du soir sur Paris, sachant qu’à Orly, il y a la contrainte du couvre-feu. Parfois, il faut modifier le plan de vol avec l’accord des commandants de bord pour faire passer les avions hors de France pour des routes plus directes, voire changer les niveaux de vol pour s’adapter aux espaces concernés par les créneaux… […]