Les activités aéronautiques ne sont pas nombreuses dans l’archipel des Marquises, en Polynésie française, mais il y a l’Aéroclub des Marquises – Jacques Brel, sur l’île de Hiva Oa, qui accueille les pilotes de passage et forme des locaux. Ihoputoka nous présente son club. Pour en savoir plus, nous vous mettons aussi à disposition l’article « Piloter aux Marquises », paru dans notre numéro de mai 2024.
Quelles sont les origines de l’Aéroclub des Marquises – Jacques Brel ?
C’est le 9 octobre 2008 qu’est inauguré à Atuona, sur l’île de Hiva Oa, l’Aéroclub des Marquises – Jacques Brel, en présence d’acteurs de l’aventure aéronautique, de témoins du séjour du chanteur aux Marquises, de pilotes l’ayant connu et formé et, enfin, de son épouse « Miche » Brel qui viendra alors pour la première fois sur la tombe de son mari. Menée par des passionnés d’aviation et des inconditionnels de l’artiste –et avec l’autorisation de « Miche » Brel et de sa famille –, cette opération a aussi été soutenue par l’AéroClub de France, l’association Dassault Passion, le secrétariat d’État à l’Outre – Mer et Tahiti Tourisme, et a reçu le haut patronage du ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative. Après quelques années d’inactivité, l’aéroclub a redécollé début 2024 grâce à l’arrivée d’un nouvel avion : un Cessna 172, convoyé depuis Tahiti par Gérard David et Vincent Roche, fondateurs de l’aéroclub qui est aujourd’hui membre de la Fédération française aéronautique (FFA).
Quelles sont ses principales activités ?
- Les vols d’initiation et la formation au pilotage, pour ceux qui veulent apprendre les bases du pilotage auprès de l’un de nos pilotes instructeurs ou ceux qui veulent aller plus loin et se former à la licence de pilote privé (PPL).
- Les vols découverte pour les personnes en vacances ou même les résidents qui veulent simplement profiter des paysages de Hiva Oa et Tahuata, l’île voisine, en compagnie d’un pilote, et de leurs proches. Encore récemment, un pilote de ligne venu de Métropole, nous a contactés avant son arrivée à Hiva Oa afin de prévoir un vol découverte en compagnie de ses enfants et d’un pilote instructeur.
- Des vols sur simulateur pour former nos élèves pilotes, mais aussi pour ceux qui veulent découvrir la sensation de prendre les commandes d’un avion avant de se lancer dans le pilotage.
Combien de membres compte l’aéroclub aujourd’hui ? Quelle est sa flotte ?
L’association compte actuellement 48 membres adhérents. Il y a parmi eux des personnes de tous les âges, des pilotes de Polynésie et d’ailleurs, des passionnés, des locaux et des habitants de la Métropole. Sa flotte comprend un Socata ST 10 Diplomat F-BTHV et un Cessna 172 Skyhawk F-BXZX.
L’Aéroclub des Marquises – Jacques Brel forme des jeunes au pilotage, comment cela se passe-t-il pour ceux qui veulent aller plus loin pour devenir pilote professionnel ?
Effectivement, nous sommes certifiés organisme de formation déclaré (DTO) et fournissons une formation permettant de participer à l’examen du PPL à Tahiti. Nous projetons de devenir centre d’examen d’ici 2026 pour permettre aux Marquisiens d’avoir accès au PPL théorique sans avoir à s’expatrier. Pour les élèves pilotes qui souhaitent obtenir leur licence de pilote commercial (CPL) ou obtenir le diplôme de pilote de ligne (ATPL), ils devront continuer leur formation dans une école adaptée (ATO).

Piloter aux Marquises, l’aventure aérienne ultime
Aux antipodes de la Métropole, les îles Marquises s’ouvrent aux pilotes privés grâce à l’Aéroclub des Marquises – Jacques Brel, désormais équipé d’un Cessna 172 fonctionnant au SP98. Voler dans cet archipel isolé du Pacifique Sud demande préparation, formation et adaptation, mais promet une expérience hors du commun.
Trois des quatre aérodromes de l’archipel : Atuona, Ua Uka et Nuku Hiva, sont désormais accessibles aux pilotes brevetés. Une formation théorique à distance et un briefing spécifique sont exigés avant de pouvoir explorer les circuits VFR insulaires, jalonnés de reliefs abrupts, de baies profondes et de paysages à couper le souffle. Les vols locaux, tours de piste et navigations entre îles se déroulent selon un programme progressif, adapté au niveau du pilote et aux contraintes météorologiques.
L’approche de certains aérodromes, comme Ua Pou, classé altiport, demande une qualification montagne ou une autorisation spéciale. Les vols inter-îles, eux, forment un triangle de navigation parfaitement calibré. Mais ici, il faut toujours prévoir un plan B : autonomie carburant, déroutement possible, météo changeante. On est en terrain d’aventuriers.
À la clef : des paysages uniques, des vols en conditions inhabituelles et une immersion totale dans une Polynésie méconnue, entre ciel et mer. Pour les pilotes passionnés, exigeants et curieux, c’est une expérience inoubliable, désormais rendue possible.