PILOTAGE
La distance d’atterrissage n’est pas qu’un chiffre, c’est un outil de sécurité essentiel. Il est donc capital de comprendre les facteurs qui exercent une influence, de savoir la déterminer au travers des manuels, d’analyser les données et de savoir prendre la bonne décision.
Reprendre contact avec la terre, après un vol, concentre une grande partie des risques en aviation légère. Selon le BEA et le NTSB, 40 % des accidents en aviation générale surviennent lors de l’atterrissage ou de la phase d’approche finale. Dans près d’un cas sur quatre, l’appareil sort de la piste faute d’une distance suffisante ou d’une approche mal stabilisée. Il est important de comprendre et de savoir analyser tous les éléments, et ils sont nombreux, pouvant influer sur les performances à l’atterrissage.
La réglementation en aviation générale reste assez simple, une seule consigne : la distance d’atterrissage (LDA -Landing Distance Available) doit se faire dans la longueur de piste disponible à la manœuvre. La valeur de cette distance est comprise entre le passage à 15 m (50 ft) au-dessus du seuil de piste et jusqu’à l’arrêt complet de l’avion. La partie entre le toucher des roues et l’arrêt est nommée distance de roulement à l’atterrissage.
La valeur de LDA est disponible sur chaque fiche VAC. À noter qu’une même piste peut avoir des LDA différentes en fonction du QFU. Si, par exemple, un obstacle est présent dans l’axe de la piste, un seuil décalé (DTHR – Displaced Threshold) est alors créé pour permettre une approche en sécurité sous un plan de 5 % réduisant ainsi la LDA. Attention, cela veut dire qu’un terrain pourra être accessible ou non en fonction des conditions de vent au moment de votre arrivée. Ne pas oublier également la prise en compte des NOTAM qui peuvent réduire la longueur de piste disponible.
Lors de la préparation du vol, il faut déterminer votre distance de piste requise en fonction des conditions du jour. Une seule référence est à votre disposition, celles fournies par le constructeur dans le manuel de vol en section 5 – « Performances ». Deux modes de présentation coexistent. Soit un graphique où, après un cheminement prenant en compte les paramètres du jour, le résultat est présenté, soit un tableau à lecture directe, mais qui ne comprend que quelques valeurs. Ce dernier modèle, qui tend à se généraliser, impose une extrapolation pour affiner les résultats. […]