La Commission européenne a dévoilé un « Plan d’investissement dans les transports durables » (Sustainable transport investissement plan, STIP) afin de stimuler la production de carburants durable d’aviation (CDA), à faible émission de carbone pour l’aviation et le transport maritime. On appelle ça presque une nouvelle providentielle au moment où s’ouvre la COP 30, la conférence de Belém (Brésil) sur les changements climatiques. C’est également une bonne nouvelle pour le climat, les compagnies, le transport aérien en Europe qui attendaient un soutien.
Pour atteindre les objectifs en matière de carburant fixés dans le Règlement Refuel EU Aviation et Refuel Maritime, un volume important d’environ 20 millions de tonnes de carburants alternatifs durables (13,2 millions de tonnes de biocarburants et 6,8 d’e-carburants) sera nécessaire d’ici 2035. Cela demande des investissements importants du marché et notamment des énergéticiens, la CE chiffre le besoin d’investissement à environ 100 milliards d’euros requis d’ici 2035 pour stimuler la production.
Le Commission européenne va mobiliser deux milliards d’euros
En accélérant la production de carburants durables fabriqués par l’UE, l’Europe peut renforcer considérablement sa compétitivité, réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis des combustibles fossiles et conduire cette transition industrielle, sur la voie de la neutralité climatique d’ici 2050. L’Europe est déjà un leader mondial et détient la majeure partie du savoir-faire et du leadership industriel dans ce secteur. Pour assurer cet objectif ambitieux, la CE a prévu de mobiliser au moins 2,9 milliards jusqu’à la fin de 2027. Elle veut surtout envoyer un signal clair aux investisseurs à savoir définir un objectif de stabilité de soutien à ce marché balbutiant.
La première action sera d’éliminer rapidement les principaux obstacles à l’investissement et combler l’écart financier à court terme. InvestEU (le programme de l’UE pour stimuler l’investissement) mobilisera au moins 2 milliards d’euros pour des carburants alternatifs durables à l’échéance du plan. Elle proposera 300 millions d’euros d’ici la fin de cette année pour soutenir la production d’hydrogène pour les carburants d’aviation durable (SAF) et maritimes (SMF) par l’intermédiaire de la Banque européenne de l’hydrogène (European Hydrogen Bank). Elle poursuivra son action en soutenant les projets de recherche et développement avec une enveloppe de 133 millions dans le cadre d’Horizon Europe.
Elle aidera également les projets de carburant d’aviation synthétique avec une enveloppe de 153 millions d’euros, 293 millions d’euros seront consacrés aux projets de carburant maritime dans le cadre du Fond d’innovation. En outre, un projet pilote (« eSAF Early Movers Coalition ») sera également lancé avec les États membres engagés, visant à mobiliser au moins € 500 millions pour des projets de carburant d’aviation synthétique.
Identifier les besoin cruciaux, débloquer les investissements
Le plan d’investissement dans le transport durable est structuré autour de trois axes principaux : identifier les besoins d’investissement cruciaux, débloquer les investissements permettant de relancer le marché des carburants renouvelables et à faible émission de carbone en Europe et enfin faciliter la production mondiale permettant de garantir l’accès de l’UE et aux entreprises à ces carburants.
Ce plan était attendu par les compagnies aériennes européennes et leurs associations. Elles s’étaient vues imposer une « marche forcée » vers la décarbonation avec les mandats d’incorporation de carburant d’aviation durable alors que la production de SAF restait très en deçà des besoins, les investissements des grands énergéticiens n’étant pas assez importants. Pour mémoire, le taux d’incorporation prévu par le Règlement Refuel EU Aviation est de 20 % de SAF à l’horizon 2035.