TRANSPORT
L’administration de l’Aviation civile vient de publier une étude d’impact de la TSBA, la taxe sur les billets d’avion. Les conclusions sont nettes : celle-ci fragilise le transport aérien français.
La hausse de la taxe sur les billets d’avion serait-elle en train de plomber le transport aérien français ? Elle a fait couler beaucoup d’encre depuis que le gouvernement Barnier a décidé de la mettre en place, celui de Bayrou a poursuivi la manœuvre. Tout le transport aérien français est vent debout contre cette hausse (aviation commerciale et aviation d’affaires) : la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (FNAM), le Scara et l’EBAA qui sont les associations représentant le secteur. Mise en action en mars, c’est étonnamment la DGAC qui se propose de faire un bilan chiffré de son impact sur le secteur. Et les « experts » d’Issy-les-Moulineaux sont plutôt négatifs sur les effets de cette hausse : « Le transport aérien en France peut être considéré en croissance « molle » depuis la dernière hausse de TSBA, contrairement au reste de l’Europe », peut-on lire dans le préambule de cette étude de 20 pages de la DGAC.
Première remarque significative : la hausse de la TSBA place la France parmi les pays taxant le plus le transport aérien, d’autant que le produit de cette taxe va pour partie à l’AFIT qui finance notamment le train, un concurrent récurrent de l’avion à hauteur de 20 %, le reste file directement dans le budget de l’État. Au passage, le Scara remarque que la finalité de la taxe s’éloigne du transport aérien et de la solidarité de départ. La DGAC rappelle que le montant varie de 4,77 euros pour un vol en Europe à 120 euros pour un vol long-courrier. Elle est exigible pour un décollage d’un terrain français. Pour l’aviation d’affaires, elle varie de 200 à 2000 euros… Cette hausse contribue à deux points de plus d’inflation sur les billets d’avion, comme d’autres facteurs tels que le coût du carburant, l’évolution des charges ou la concurrence avec les autres transporteurs. Première réponse du Scara : « Ces 2 points d’inflation supplémentaires sont à comparer au glissement annuel de l’inflation compris entre + 0,7 % et + 1,0 % pendant la période mars-juillet 2025. La hausse du prix des billets d’avion affecte directement la demande et l’accessibilité des territoires ». En clair, la TSBA, c’est le double de notre inflation courante !
La hausse de cette taxe a également un impact direct à la hausse sur les coûts de la touchée, c’est-à-dire « l’ensemble des prestations facturées à une compagnie aérienne pour effectuer l’atterrissage, la circulation au sol, le stationnement et le décollage de l’aéronef ». […]