REPORTAGE
Chaque année, nous nous rendons en Chine, l’occasion de faire le point sur ce que de nombreux analystes ont qualifié par le passé de nouvel eldorado de l’aviation.
Après celui de Jacques en 1988 pour y livrer un Socata TB20, 2012 est l’année de mon premier voyage en Chine… Dépaysement tout aussi garanti ! Je m’y rends chaque année pour évaluer par moi-même ce que tous les prophètes de l’aviation considèrent comme le futur marché de masse de l’aviation générale.
Dès les années 1990, les industriels étrangers louchent sur ce pays, appâtés par les premières commandes reçues de Pékin. Socata a été l’un des premiers industriels à livrer des TB20 et des TB200XL à CAFUC, l’Université aéronautique de l’Aviation civile chinoise. Ils l’ont été en passant par Hong Kong pour rejoindre Chengdu où se situe l’université, un campus qui rassemble plus de 15 000 élèves en moyenne, formés aux métiers de la maintenance, du pilotage, du service à bord, etc.
Depuis la fin des années 2000, ce sont les grandes désillusions. Si les constructeurs étrangers sont convaincus qu’ils vont connaître fortune et gloire sur le marché chinois, en réalité, il n’en est rien. On parle à cette époque de l’ouverture de l’espace aérien chinois et de la construction de centaines d’aéroports destinés à l’aviation générale. Les constructeurs américains et européens commencent à lorgner ce marché destiné à dépasser celui de l’Amérique du Nord en quelques années à peine. Tous les constructeurs comme Mooney, Cessna, Beechcraft montent des joint-ventures, sociétés mixtes dans lesquelles les intérêts chinois sont souvent majoritaires. Plusieurs usines voient ainsi le jour visant à la fabrication d’avions destinés au marché local ou à une exportation vers les USA. […]