AÉRODROMES
L’ambiance n’est pas à la détente sur le terrain d’Eyguières avec un maire qui souhaite expulser des pilotes privés implantés depuis longtemps sur la plateforme. Au moment des élections municipales, la bataille juridique fait rage avec plusieurs recours contre les décisions de l’édile.
Il est consternant de voir que, sur les terrains d’aviation, la passion aéronautique ne scelle pas toujours les énergies positives. Ils peuvent être des lieux de pouvoir et d’enjeux avec des petites histoires de Clochemerle à la clé. Depuis plusieurs années, le terrain d’Eyguières est l’objet d’une lutte désuète, fratricide et forcément inutile entre d’un côté, un maire, Henri Pons, vice-président du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, et de l’autre, une poignée de pilotes privés qui sont aussi propriétaires de leurs avions, associés à une association d’usagers et une élue d’opposition, Audrey Touron, salariée de la DGA et contrôleur aérien militaire.
Depuis plusieurs années, le maire a déployé des trésors d’ingéniosité pour diviser et expulser une partie des usagers du terrain, implantés depuis des lustres. Le dernier « événement » de l’action du maire date du mois d’octobre 2025 où il avait lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) qui visait « à dynamiser le territoire de la commune en développant des activités aéronautiques et proposer aux associations de profiter des infrastructures disponibles, et à octroyer des autorisations d’occupation temporaire du domaine public de type hangars pour aéronefs et bâtiments logistiques ». La date de clôture de l’AMI était fixée au 28 novembre.
Sur le principe, personne ne pourrait s’offusquer qu’un élu souhaite ardemment mettre en valeur son territoire aéronautique, cependant cette démarche a eu pour conséquence d’exclure les trois quarts des usagers de la plateforme, une population de pilotes privés qui se bat pour ses biens, à la fois les avions abrités et leurs hangars qu’ils ont construits eux-mêmes de manière démontable. La nuance est importante, car ils restent leur propriété. Par ailleurs, ces pilotes regroupés au sein de l’Association des utilisateurs de la plateforme de Salon Eyguières (AUPASE) ont également investi près de 700 000 euros pour réaliser, il y a plusieurs années, des cheminements bitumés, une piste d’accélération, des taxiways quand l’association gérait encore la plateforme. […]