ESSAI EN VOL
Pour beaucoup de pilotes d’autogires « ouverts », l’évolution logique est le passage à un appareil disposant d’une cabine, en tandem : ELA Eclipse, AutoGyro Calidus, MagniGyro M26 – essayé dans ces colonnes, l’année dernière à Blois –, ou en configuration côte à côte : MagniGyro M24, AutoGyro Cavalon, Manufaktura Lotnicza Argon, Aviation Artur Trendak Tercel… Patrick a suivi cet itinéraire et nous raconte l’essai du MagniGyro M24+.
Après trois ans en M16 et un rallye en Tunisie (lire le numéro de janvier), j’ai opté pour un M24 Plus. Le « + », c’est pour le Rotax 915 iS, développant 141 chevaux. J’ai perdu une aisance de pilotage, la sensation du vol « en plein air » – formidable en été, un peu moins en hiver, saison pendant laquelle le pilote d’autogire se déguise en Bibendum Michelin –, pour gagner du confort, une plus grande polyvalence… et la gratitude éternelle (!) de mon (ma) passager(e). En gros, je suis passé d’une moto à une berline… On vieillit.
Reste à choisir « sa » formule, tandem ou côte/côte. Je dis « sa » formule, car il y a autant d’arguments en faveur et/ou en défaveur de ces deux solutions. C’est un choix personnel.
Pour faire simple, il faut arbitrer entre convivialité : côte à côte, et performances : tandem. En effet, à motorisation égale, la traînée induite par la surface frontale de la cabine entraînera nécessairement une baisse des performances au regard d’un tandem : à 5000 tr/min, un M26 croise environ 20 km/h plus vite qu’un M24 + (constat effectué par rapport à l’essai de Blois). Mais la performance n’est pas nécessairement le premier critère d’achat d’un autogire.
Pour ma part, l’hésitation sera de courte durée. Outre le prix – en neuf, le M26 coûte près de 15 000 € de plus que le M24 +, lequel est disponible en occasion entre 80 et 120 000 € –, l’argument convivialité s’est naturellement imposé, la plupart de mes vols s’effectuant en duo.
Aussi pour des raisons de sécurité. Si d’aventure, on « couche » son appareil, ce qui peut arriver en giro, il est toujours possible de sortir rapidement par la porte contre latérale. En revanche, avec une verrière, cette situation d’urgence peut s’avérer plus compliquée à gérer. Un pilote qui s’est retrouvé dans cette fâcheuse posture à la suite d’une rupture de son train, a raconté, aux termes de son REX, qu’une dizaine de coups de marteau avaient été nécessaires pour casser la verrière et s’extraire de l’appareil. Ça peut être long en cas de feu ou d’amerrissage ! Cependant, l’argument doit être relativisé sur le M26, Magni ayant eu la très bonne idée d’installer un dispositif de largage. […]