ÉCOLE DE PILOTAGE
La liquidation d’Airways Aviation ESMA, prononcée le 16 janvier, fait suite à des années de gestion défaillante, largement connue, y compris par les autorités compétentes. L’omerta, la cécité et le laxisme réglementaire ont prévalu au détriment de la protection des élèves pilotes. Il est donc impératif de réformer le système afin de garantir la sécurité des futurs pilotes.
« Je me suis inscrite en septembre 2024, l’école proposait à l’époque une ristourne de 10 000 euros pour les filles et ils s’autoproclamaient comme l’école n° 1 en France. » Roxane, 20 ans, fait partie de ces 98 élèves laissés sur le carreau après la fermeture d’Airways Aviation ESMA, après plusieurs années de mensonges et d’errements managériales : « Je n’ai pas eu de doute tout de suite sur l’école, il y avait bien quelques bruits de couloir, mais nous étions en cours, nous aurions dû téléphoner à l’Urssaf. » Roxane n’est pas la plus lésée, mais elle a quand même perdu 37 000 euros dans l’affaire. Elle a payé 23 500 euros pour être admise au sein de l’école, puis 5 000 euros par mois durant un an. Elle a pu valider son ATPL théorique, dont le coût avoisine les 13 000 euros, sans avoir commencé les vols. Finalement, alors que des signaux faibles lui parviennent aux oreilles, elle cesse de payer la somme mensuelle assez vite. Mais, quelques jours après l’incendie d’une partie de la flotte en mai 2025 qui attise un peu plus sa méfiance, elle reçoit un appel de fonds de 35 000 euros, elle n’envoie que 5 000…
Plusieurs de ses collègues paient la somme. Personne ne le sait encore, excepté l’ancien directeur, mais l’école va déjà très mal. Roxanne avait contracté un prêt auprès du Crédit Agricole, la banque partenaire de l’école. Aujourd’hui, elle est comme tout le monde, à la recherche d’une solution de repli pour poursuivre sa formation. Roxane a le cœur lourd, car elle doit quitter son appartement, cette vie d’apprentissage et l’équipe de salariés qui constituait sa deuxième famille. Elle a, comme la plupart des élèves, reçu l’aide de l’APNA. Elle a reçu plusieurs propositions d’écoles et elle a pu converser avec le dirigeant de l’AFTA à Cork, en Irlande. […]