FORMATION
Le travail en équipage, ça s’apprend. Le commandant de bord et son copilote doivent savoir se parler pour gérer l’appareil, le vol, la trajectoire… Ils suivent des procédures et des méthodes apprises lors de la Multi Crew Coordination. C’est une étape capitale pour les sélections en compagnie. La formation MCC APS sur simulateur de vol est désormais proposée à Lognes (77).
« L’idée au départ était de proposer à nos élèves une suite de leur formation dans nos locaux avant de postuler en compagnie aérienne, cette phase est précisément dévolue à la MCC en mode APS (Airline Pilot Standard) qui précède les sélections. Le plus souvent, nos élèves doivent s’éloigner pour la suivre. Mettre en place ce cursus en région parisienne, c’est une idée pertinente pour eux, mais également pour ceux qui seraient extérieurs à l’école. Sur l’aérodrome de Lognes (77), nous sommes idéalement placés », explique Hughes Lionnet, le dirigeant d’Aeroflight, une des écoles de l’Est parisien. Dans cette logique, le responsable a investi dans un simulateur A320 Elite de marque suisse qui est installé à quelques encablures du terrain de Lognes, dans une zone industrielle tranquille. Parmi son catalogue, Aeroflight, une école disposant d’un agrément de formation professionnelle, propose l’offre classique d’un ATO : CPL, IR et ME, tout cela, selon le cursus modulaire. La MCC dans ce cursus est dispensée à part, contrairement au parcours intégré où elle est obligatoire. Ce nouveau simulateur est mis en œuvre par Thomas Jeanson, 24 ans, un des instructeurs de l’école, qui est également pilote de ligne sur A320. C’est une vieille connaissance d’Hughes Lionnet puisqu’il a passé son PPL au sein d’Aeroflight, il y a quelques années. Depuis, il est devenu, au sein de l’école, responsable de la conformité et surtout instructeur MCC (MCCI). Globalement, les séances sont supervisées par un instructeur désigné par le responsable de l’ATO.
Avant toute chose, résumons l’intérêt de la MCC. C’est donc l’ensemble des règles établies pour que deux pilotes travaillent ensemble avec le même langage d’utilisation de l’avion. Une partie est dédiée au « pilot flying » (PF), celui qui pilote l’avion, et une pour le « pilot monitoring » (PM), celui qui gère la route, une partie de la radio et le traitement des pannes en cas d’incident, quand le pilote en fonction gère la trajectoire. Cette capacité de maîtriser un langage commun permet, en principe, à un jeune pilote en compagnie de voler avec des commandants de bord différents, voire de nationalités différentes dans des compagnies étrangères. La MCC est clairement un facteur d’intégration. […]