SAFETY ULM
En 2025, le BEA a publié 13 rapports impliquant des ULM dont la répartition par classe est la suivante : un événement concernant un paramoteur identifié, un événement concernant un hélicoptère ultraléger identifié et onze événements concernant des multiaxes. Ces événements ont entraîné le décès de treize personnes. Sept thèmes ressortent de ces rapports, plusieurs avaient déjà été identifiés dans des bilans publiés précédemment.
Le parachute de secours a été déclenché dans trois événements de ce bilan 2025 au cours desquels aucun occupant n’a été blessé :
- Accident du multiaxes G1 04IF : en croisière, l’aile de l’ULM s’est déformée, le rendant incontrôlable. L’instructeur a déclenché le parachute.
- Accident du multiaxes WT9 67BVN : lors d’un exercice de décrochage en double commande, l’ULM a subi un départ en roulis à droite. L’instructeur qui ne parvenait pas à reprendre le contrôle de l’ULM a déclenché le parachute de secours pensant à une rupture structurelle de l’aéronef.
- Accident du multiaxes FK9 10NA : lors de son vol, le pilote a fait face à une dégradation des conditions météorologiques. Il a poursuivi le vol à destination et, alors qu’il évoluait à une altitude de 1 500 ft, il est entré par inadvertance, à plusieurs reprises, dans la couche nuageuse. Lors d’un troisième passage dans la couche, alors qu’il avait perdu toute référence visuelle extérieure, le pilote a actionné le parachute.
Depuis plusieurs années, des enquêtes du BEA ont mis en évidence des déclenchements tardifs ou des non-utilisations du parachute dans un contexte où ce dispositif de secours aurait pu atténuer les conséquences de l’accident. Dans les rapports publiés en 2025, on peut mentionner deux accidents :
- Accident du multiaxes WT9 04FO : lors d’un vol d’instruction en double commande, l’ULM est parti en vrille probablement lors d’un exercice de vol lent et de décrochage. La vrille s’est établie jusqu’à la collision avec le sol. Le parachute qui a été déclenché tardivement n’a pas eu le temps de se déployer, se gonfler et ralentir la chute de l’aéronef. Les deux occupants sont décédés.
- Accident du multiaxes Shark 22LE : le pilote a perdu le contrôle de l’ULM dans des conditions météorologiques défavorables au vol à vue. Il n’est pas parvenu à reprendre le contrôle avant la collision avec le sol et n’a pas activé le parachute de secours. L’événement est détaillé dans le 5e thème de ce bilan sur l’objectif destination.
Une étude du BEA intitulée « Activation du parachute de secours : mécanismes cognitifs, émotionnels et physiques » a été publiée en 2025. L’objectif était de mieux comprendre les mécanismes en jeu dans l’activation ou la non-activation d’un parachute de secours. L’analyse des événements et les témoignages associés ont permis de mettre en évidence des facteurs clés favorisant l’activation du parachute : c’est d’abord l’appropriation du parachute par le pilote au travers de ses connaissances, de règles (critères de déclenchement) et d’une volonté de l’utiliser ou du moins d’une absence d’aversion à son utilisation. Le stress et la surprise générés par une situation anormale peuvent freiner cette prise de décision. Au contraire, celle-ci semble facilitée si la procédure d’activation du parachute est remémorée lors d’un briefing. De plus, le fait de simuler le geste avant le vol peut permettre que ce geste soit exécuté de façon quasi automatique en situation de stress et dans des attitudes de vol inusuelles. […]