TRANSPORT AÉRIEN
Air Inter Region, future compagnie régionale que projette de lancer Franck Crépin afin de retisser le lien aérien régional fort distendu avec la disparition des petites airlines locales et l’implantation du TGV. Pilote pro canadien reconverti dans la finance, il semble avoir peaufiné son sujet.
Y a-t-il un espace pour une nouvelle compagnie régionale française qui s’appuierait sur le maillage aéroportuaire de nos territoires ? Pourrait-elle exister face à l’existence importante du TGV, de l’interdiction des vols de moins de deux heures (face à une liaison ferroviaire), la réduction à peau de chagrin du transport aérien régional depuis des décennies, la rationalisation des transports de salariés par les entreprises, le télétravail, la logique de hub… Ce sont bien toutes les interrogations que l’écosystème du transport aérien va se poser après la création d’Air Inter Région, une très petite compagnie régionale qui devrait, dans quelques mois, opérer des lignes de point à point, plutôt de « ville à ville », en Cessna Caravan dans la zone nord-ouest de la France ; en gros, du nord vers le littoral atlantique.
L’appareil dispose de neuf places et il sera aménagé en version plutôt VIP pour permettre aux passagers de travailler. Ce projet s’appuie sur un solide pedigree dans le domaine aérien. Il est porté par Franck Crépin qui s’est fait un nom dans la finance, notamment dans des opérations touchant l’aérien. Il est pilote professionnel, formé au Canada, avant sa reconversion.
Air Inter Région fait évidemment référence à feu Air Inter qui était, par certains aspects tarifaires, une forme de low cost avant l’heure, mettant le transport aérien à la portée d’un grand nombre de personnes ; tout cela, c’était avant de rentrer dans le groupe Air France. La nouvelle compagnie est officiellement lancée : le site internet est ouvert et les clients peuvent déjà réserver leur vol, sachant qu’elle ne prendra l’air qu’en 2027, lorsqu’elle aura obtenu son CTA. Autant dire que le chemin est encore un peu long avant le premier vol.
Le business model est un peu ce que tout le monde attend de manière logique (décideurs, responsables politiques, CCI) depuis la disparition des petites compagnies françaises : créer des liaisons courtes entre des villes de province, là où la route et le train ne peuvent pas faire la différence. En fait, il s’agit de recréer un maillage intelligent qui optimiserait notre réseau d’aéroports et qui éviterait à pas mal de passagers de passer notamment par la capitale pour se rendre ailleurs. Ce serait une forme de respiration pour les collectivités locales qui réclament cette souplesse de transport, comme une forme de désenclavement. […]


