FORMATION
Voler par fortes chaleurs en avion léger nécessite d’être attentif : elles altèrent à la fois les performances de l’avion et celles du pilote, elles créent un contexte propice aux erreurs et aux situations critiques. Les fortes chaleurs ne constituent donc pas qu’une contrainte météo !
L’été est souvent la saison considérée comme la plus favorable à l’aviation de loisir. Toutes les conditions semblent réunies pour un vol sans encombre, tous dangers semblent écartés. Cette impression de facilité est trompeuse. Dès que la température s’installe durablement au-dessus des valeurs habituelles, le vol change de nature : la chaleur modifie les performances… et les marges. Et c’est là que le premier piège se met en place : tout semble normal.
Bien avant la mise en route, l’aéronef subit les effets du soleil. Une cabine laissée en plein soleil devient rapidement un espace surchauffé et difficilement supportable. Les surfaces métalliques chauffent au point qu’on les évite instinctivement. Avant même de penser au vol, il faut donc ouvrir, ventiler pour laisser l’air circuler, sachant que les instruments, les écrans, les matériaux eux-mêmes accumulent la chaleur. Cette situation n’est pas anodine, car certains équipements électroniques peuvent voir leur fonctionnement altéré, voire interrompu.
Les tablettes et smartphones, omniprésents aujourd’hui dans le cockpit, sont particulièrement sensibles à ces conditions. Une surchauffe peut entraîner leur arrêt brutal et priver le pilote d’outils devenus essentiels : navigation, cartes, check-lists. Beaucoup plus grave, cela peut aller jusqu’à l’emballement thermique de la batterie et conduire à l’incendie de ladite tablette (voir AP n° 625).
Dans ce contexte, disposer d’une alternative n’est pas un luxe, mais une nécessité. Le maintien d’une redondance papier s’inscrit pleinement dans une logique de gestion des risques. Aujourd’hui, grâce à la technologie, la navigation est devenue plus facile, mais quand tout se dégrade, le retour aux basiques est la seule solution.
On comprend alors que notre vol doit se préparer bien en amont. Pensez à protéger le cockpit de la chaleur. Des protections plus ou moins onéreuses existent. Par exemple, une simple couverture de survie à quelques euros peut déjà rendre de grands services, pour peu que la face argentée soit du côté du soleil ! […]


