POLITIQUE
Canadair insuffisants : la Sécurité civile sous pression
Les feux de forêt se transforment en mégafeux, révélant des Canadair insuffisants face aux besoins de la Sécurité civile. Leur maintenance ne permet pas d’assurer toute la disponibilité nécessaire à ces missions. Les pompiers se plaignent tout comme les pilotes. Localement, deux pilotes professionnels ont imaginé un système pertinent de guet aérien non armé.
42 000 hectares réduits en cendres et plus de 240 maisons détruites, la surface est deux fois plus grande que les incendies de Gironde de 2022. Sur le plan national, ce sont plus de 120 000 hectares qui sont partis en fumée. Ces incendies avaient incité le président de la République à promettre des Canadair en plus (4), cela s’ajoutait à la promesse d’avoir renouvelé la flotte des Canadair vieillissants par des appareils neufs avant la fin du quinquennat… Aujourd’hui, la réalité est plus brutale : la disponibilité des bombardiers est loin de celle annoncée par le ministre de l’Intérieur. Parfois, seulement cinq de ces Canadairs sur douze étaient opérationnels.
Et durant l’épisode dramatique du mégafeu girondin, on a assisté à une débâcle aérienne avec des pilotes qui, faute d’un dimensionnement adapté aux enjeux, ont travaillé dans l’urgence alors qu’au sol on faisait face à des flammes de trente mètres de haut. Il apparaît au grand public qui s’intéresse au sujet que, malgré les propos rassurants du ministre de l’Intérieur, les moyens aériens sont insuffisants. Le pire est que le fait est connu depuis longtemps des services de l’État. Les décisions politiques nécessaires pour donner à la Sécu les moyens d’accomplir pleinement sa mission prendront du temps, à condition, bien sûr, d’avoir une stratégie claire.
Les incendies de 2022 ont incité deux pilotes professionnels du secteur de Biscarrosse, Laurent Venet et Derry Grégoire à réfléchir sur les moyens d’apporter leur contribution à la lutte contre les feux de forêt dans le Sud-Ouest. D’un point de vue opérationnel, ils ne sont pas à la tête d’une flotte de bombardiers d’eau. Leur implication s’orienterait sur la surveillance et la détection des feux et des départs de feu grâce à des moyens aériens aux coûts dérisoires et susceptibles d’apporter des informations rapides, précises et en temps réel, tout cela afin de gagner du temps sur le feu, sans avoir à engager tout de suite de gros moyens. Laurent Venet, le dirigeant du Vol des aigles, après avoir été évacué comme tout le monde, a repris les vols il y a quelques jours et, au cours d’un vol, il a pu détecter trois départs de feu dans son secteur avant de prévenir les pompiers. […]


