SALON
Oshkosh 2026 : récit d’un cru exceptionnel
Fin juillet, un aérodrome tranquille du Wisconsin mute, l’espace d’une semaine, en l’aéroport le plus fréquenté de la planète. Oshkosh 2026, portée par les 250 ans de l’Amérique, aura été un cru à part : 734 000 pèlerins venus de 98 pays et un joyeux bazar d’avions comme il ne s’en fait plus ailleurs.
Comment appeler « aérodrome régional » un lieu où se posent, en une semaine, plus de 10 000 machines ? C’est pourtant l’étiquette officielle de Wittman Airport, à Oshkosh, petite ville sage du Wisconsin coincée entre le lac Winnebago et des champs de maïs à perte de vue. Cinquante et une semaines par an, rien à signaler. Puis vient la dernière de juillet, et le miracle recommence, invariablement, depuis 1953 : la tour devient pour quelques jours la plus active du monde – opérée par rien de moins que 62 contrôleurs aériens – et plus de 734 000 visiteurs – un record cette année – viennent se presser autour de 2 851 avions exposés : warbirds, construction amateur, hydravions, de voltige, etc., venus de 98 pays différents, et encadrés par quelque 6 000 bénévoles !
L’emprise au sol de l’événement donne le tournis à elle seule : un peu plus de 600 hectares, l’équivalent de près de 850 terrains de football alignés les uns à côté des autres. Sur cette étendue campent environ 40 000 personnes dans des tentes plantées sous l’aile de leur propre avion ou accrochées à leurs haubans.
Cette édition 2026, portée par les 250 ans de l’Amérique, restera comme un cru à part. De quoi remplir dix vies de pèlerin d’aviation. Plutôt que de tout raconter dans l’ordre, voici, en vrac, ce qui de ce séjour m’aura le plus marqué.
Le suspense aura duré jusqu’à la veille de l’ouverture : la guerre de Troie aura-t-elle lieu ? Les feux de forêt qui ravageaient depuis quelques jours une partie de l’Ontario voisin, envoyaient jusque sur le Wisconsin un voile de fumée qui a fait planer un temps un vrai doute sur la tenue même de certains vols de présentation. Le ciel, d’ordinaire d’un bleu insolent au-dessus du lac Michigan, a viré pendant deux jours à un gris-jaune diffus, avec une visibilité en berne qui a fait perdre quelques cheveux aux organisateurs. Puis le vent a tourné, littéralement, et dès le Day 1, le ciel a retrouvé sa clarté coutumière, comme si de rien n’était. Ouf. […]


