REPORTAGE
Mobilisation inédite : l’activité du pélicandrome de Melun-Villaroche face aux flammes
Face à l’incendie du massif de Fontainebleau, la plateforme de Seine-et-Marne est devenue le pélicandrome de Melun-Villaroche. Erwan Garel, témoin direct sur le terrain, relate la transformation de cet aérodrome civil en base avancée pour les bombardiers d’eau et les équipages de la Sécurité civile.
Pour la première fois à cette échelle en Île-de-France, un détachement des moyens aériens de la Sécurité civile, Canadair, Dash 8, hélicoptères bombardiers d’eau, Air Tractors et dispositifs de surveillance a été déployé sur l’aérodrome de Melun-Villaroche. Cette situation exceptionnelle n’était pas totalement improvisée : l’idée d’utiliser Melun-Villaroche comme pélicandrome, c’est-à-dire comme base avancée pour les avions bombardiers d’eau, était en effet déjà dans les cartons. Une mission d’évaluation menée en 2025 avait permis d’étudier les possibilités offertes par la plateforme – quatrième en matière de surface en région parisienne –, son environnement et sa capacité à accueillir les moyens de la Sécurité civile. L’été 2026 et l’incendie hors-norme de la forêt de Fontainebleau ont donné à cette réflexion une dimension opérationnelle.
Le sinistre commence le 12 juillet dernier, avec plusieurs départs de feu dans la forêt domaniale des Trois-Pignons, les secteurs du Bois Rond et de la Faisanderie, à Fontainebleau. Cette forêt, véritable poumon vert de l’Île-de-France, s’étend sur plus de 22 000 hectares et figure parmi les espaces forestiers les plus fréquentés de France. La propagation du feu est rapide, les conditions météorologiques, la sécheresse de la végétation et le vent compliquant considérablement le travail des secours : en quelques jours, les incendies vont parcourir environ 2 200 hectares et plus de 800 pompiers seront mobilisés au plus fort de la crise, avec des renforts venus de plusieurs départements.
Dès le matin du 13 juillet, les deux premiers Canadair « Pélican » se posent à Melun-Villaroche pour rejoindre immédiatement le dispositif engagé sur Fontainebleau, avec des écopages effectués sur la Seine. Rapidement, deux autres appareils viennent en renfort depuis la base aérienne d’Orléans ; le nombre de Canadair engagés donne une idée de l’intensité du combat contre les flammes. Dans le ciel de Seine-et-Marne, le spectacle est inédit. Les avions jaunes et rouges quittent Melun, rejoignent le massif forestier, larguent plusieurs tonnes d’eau puis repartent vers leur zone d’écopage. La Seine devient leur source d’approvisionnement. Les Canadair n’avaient encore jamais été engagés de cette manière sur un feu d’une telle ampleur en région parisienne. […]


