L’avion-cargo Airbus A350F (MSN 700), premier des deux appareils d’essai, a réalisé son tout premier vol, mardi septembre à Toulouse. Équipé d’une instrumentation spéciale de tests en vol, l’appareil a volé pendant 4 heures et 10 minutes, atteignant une altitude de 25 000 pieds. Il était piloté par un équipage dédié d’essais en vol d’Airbus. Pour tous les ouvriers et les ingénieurs présents, ce vol marque une étape importante vers la prise de part de marché à Boeing qui domine le secteur. Ce vol inaugural constitue une étape majeure pour l’A350F et pour nos clients à travers le monde. En tant que dernier développement de notre plateforme A350, qui connaît un succès considérable, l’A350F représente une véritable révolution pour le marché du fret aérien, alliant une flexibilité opérationnelle inégalée, une efficacité énergétique optimale et une grande autonomie », a déclaré Lars Wagner, directeur général de l’activité Avions commerciaux d’Airbus.
111 tonnes de fret sur 8700 km
Le second prototype de l’A350F (MSN 701) se trouve désormais à un stade avancé de son assemblage final et rejoindra l’atelier de peinture dans les prochaines semaines. L’appareil est constitué de 70 % de composite et est équipé de moteurs Rolls & Royce XWB-97, ce qui en fait une machine résolument moderne, capable de consommer 40 % de carburant de moins que la flotte actuelle. Il dispose également de « la plus large porte cargo » du marché. Grâce à une autonomie pouvant atteindre 8 700 kilomètres et une capacité d’emport allant jusqu’à 111 tonnes, il permettra aux opérateurs de l’exploiter sur des liaisons long-courriers internationales. L’A350F affiche une masse maximale au décollage (MTOW) inférieure de 46 tonnes à celle des appareils concurrents. Par ailleurs, il s’agit du premier avion-cargo entièrement conforme aux dernières normes d’émissions de CO₂ de l’OACI. Fin août 2026, l’A350F avait déjà enregistré 115 commandes émanant de 14 clients identifiés, s’octroyant jusqu’à 59 % de parts de marché dans la catégorie des gros porteurs cargo. Notons que CMA CGM est la compagnie de lancement de l’appareil avec 8 commandes fermes.
Le début d’une longue campagne d’essais
Au cours de ce vol inaugural, l’équipage a mené des tests visant à vérifier la navigabilité de base, les qualités de vol fondamentales, ainsi que le bon fonctionnement des systèmes essentiels conformément aux prévisions. Ce vol marque le lancement d’une campagne d’essais en vol qui s’étendra sur plus de neuf mois. Sur le papier, l’avion est donc doté de solide atout, mais il se heurte à deux données importantes : le fret aérien est une toute petite part du fret mondial. De plus, c’est bien Boeing qui détient le marché mondial du fret avec près de 80 % de l’activité aérienne. Le constructeur américain dispose également de son avion de fret avec le Boeing 777 8F qui devrait arriver sur le marché, le retard du 350 rebat donc les cartes. L’A350F aura également devant lui la flotte des avions passagers transformés en cargo pour des budgets moindres que l’avion neuf. L’appareil était piloté par le commandant de bord et pilote d’essai Bernardo Saez-Benito, accompagné du copilote et pilote d’essai expérimental Sylvain Guiraud, ainsi que de l’ingénieur navigant d’essais Ludovic Girard. Les ingénieurs principaux d’essais en vol Laurent Bussiere et Jaime Angoloti étaient également à bord.



