Par Jean-Michel Bossuet, Photographies Air France et Troyanowsky.

Tout ça pour ça, est-on tenté de penser à la suite des événements qui se sont déroulés à Air France le mois dernier. La compagnie a traversé un sacré cunimb, repris en boucle par la presse nationale. Une fois encore, ce sont « les nantis », d’irréductibles pilotes très attachés à leurs privilèges, qui ont refusé de signer un accord concernant le futur plan Perform 2020 proposé par la direction de la compagnie. Depuis la grève suicidaire du mois de septembre 2014, les PNT n’ont aucune bonne presse. Faute de cette signature, la direction a lancé un ultimatum qui, bien sûr, n’avait aucune chance d’être respecté. Elle a alors lancé son plan B (voir encadré) faisant porter aux pilotes la responsabilité de la suite, sans parler de la fin de non-recevoir.

La suite, hélas, est plus problématique avec les violences qui sont intervenues lors de la présentation par M. Broseta du plan B et ses 2 900 suppressions d’emplois au Comité Central d’Entreprise. Des événements qui ont électrisé le personnel et dont les témoignages ont tourné en boucle sur les réseaux sociaux et dans les médias. L’affaire est devenue une affaire d’État quand le Premier ministre est intervenu pour soutenir la direction et traiter les syndicalistes excités de voyous. Le résultat est plus étonnant encore : les deux parties sont maintenant revenues à la table des négociations, il n’y a manifestement plus d’urgence à conclure un accord. Il se dit qu’une borderline est fixée à janvier, le SNPL, lui, n’est pas au courant… De plus, il existe désormais une intersyndicale dont devraient faire partie les pilotes, ces derniers sont parvenus à expliquer qu’ils n’étaient pas là pour couler avec le bateau, mais au contraire pour le gréer au mieux conjointement avec les autres salariés. Erreur stratégique ou billard à 5 bandes ? Air France en fait encore les frais en matière d’image.

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