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N344PL aime voler loin de sa base. Cependant, si l’avion connaît bien la traversée Nord de l’Atlantique, il n’avait jamais pris la voie sud. Philippe, son propriétaire, a donc décidé de lui faire découvrir cette nouvelle voie pour visiter l’Amérique du Sud avant de poursuivre par les Antilles et les États-Unis puis de rentrer en France par la voie nord. Depuis 2015, je voyage régulièrement avec lui. L’Embraer Phenom 300 est un jet d’affaires qui connaît un grand succès depuis quelques années. C’est le grand frère du Phenom 100 mais il est très différent : issu du même tronçon de fuselage et du même cockpit, tout le reste a été revisité, à commencer par son aile qui a pris beaucoup de flèche et qui s’est vue pousser des winglets du plus bel effet. Le système d’avitaillement fonctionne par un point unique avec une centrale automatique qui arrête automatiquement le plein quand il atteint le volume demandé par le pilote. La vidange des toilettes se fait par l’extérieur. On retrouve deux pompes hydrauliques en accessoires moteur contre une pompe électrique unique sur le Phenom 100. La porte et la soute ont aussi augmenté de taille.

Il y a bien d’autres évolutions, ce qui a toutefois multiplié par trois le prix d’acquisition du Phenom 300 par rapport à celui du Phenom 100. Ils ont nettement bénéficié de l’expérience des plus gros avions de chez Embraer. Ils ont aussi été conçus pour être très ergonomiques et automatisés dans le but d’être exploités en monopilote. Oui mais voilà, le Phenom 300 est un appareil très motorisé et puissant, ce qui lui donne un peu un tempérament de « cheval fou » au décollage. Son pilotage est facile mais cela se complique dans les situations d’urgence, ce qui explique pourquoi quasiment aucun Phenom 300 n’est à ce jour réellement piloté en monopilote, mais bel et bien en équipage.

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