La faculté d’oublier est un bienfait, cela permet d’avancer sereinement en dépit des embûches que nous réserve tout parcours aéronautique. Hélas il est des expériences inoubliables, qu’on aimerait enfouies à jamais au fond de notre subconscient, mais qui ressurgissent régulièrement. C’est le cas de tous ceux qui volent depuis longtemps, qui ont accumulé les situations « intéressantes ». Ce terme est un euphémisme évidemment, sans doute devrions-nous écrire compliquées ou dangereuses car c’est souvent ainsi que nous les jugeons avec le recul ; même si certains restent concentrés dans l’action, lucides et imaginatifs, sans connaître de viscosité mentale quand il faut remettre les gaz, gérer une panne moteur ou des écrans noirs. Cela fait généralement une anecdote à raconter, souvent peu flatteuse pour l’ego, mais qui permet de mettre en garde d’autres pilotes.

Récemment, lors d’une conférence de rédaction où nous évoquions le coavionnage façon BlaBlaCar, l’un de nos rédacteurs a émis l’idée de faire relater des expériences de pilotage douteuses, et donc ayant valeur d’exemple, sous le couvert de l’anonymat afin que la parole soit totalement libérée, sans arrière-pensée.

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