Le constructeur franco-italien ATR vient de faire un buzz justifié : il mettra sur marché un appareil cargo totalement conçu sur chaine et surtout il a trouvé un client de poids avec Fedex, première entreprise mondiale de transport express. Il existait des versions ATR 72 et 42/500 qui étaient transformés souvent dans une seconde vie d’appareil ; le 600 est une cellule sensiblement revue, mais reprenant les caractéristiques techniques de la version passager. Il disposera d’une large porte-cargo (LCD) pouvant engloutir des conteneurs LD3, sept en tout, voire des palettes de plus faibles dimensions. Le volume global est de 74 m3. La structure du sol a été renforcée pour supporter des charges plus lourdes que la version passagers. Une seconde porte sur le dessus a également été aménagée. Pour le reste, l’avionique Thalès et les moteurs sont les mêmes ; la cellule a toutefois perdu ses hublots. Le transporteur Fedex a passé une commande ferme de 30 exemplaires et 20 options. Ils serviront très vraisemblablement à remplacer ses 49 ATR anciennes générations qui accusaient les 25 ans d’âge. Il est d’ailleurs peu probable de les retrouver sur le marché d’occasion même si celui est actif dans ce secteur de l’aérien. La plupart des ATR « fret » sont des avions modifiés, ce qui les rend abordables à l’achat. Le 600 est neuf et logiquement plus cher que les solutions de customisations qui existent. À 26 millions de dollars, le prix de la version passager, la cible commerciale est d’abord celle des grands transports de fret, UPS, DHL qui peuvent décider de s’équiper d’un avion tout cargo, non transformable et d’une durée de vie d’au moins 30 ans… Comme pour les passagers, ils seront utilisés à la fois pour du « comuting de fret », mais également comme feeders des gros porteurs sur les hub. La livraison de ces appareils commencera en 2020. À noter que Fedex a participé à la conception de ce nouvel appareil.