Nouvelle lubie ou vrai ballon d’observation ? L’UBS a dévoilé une étude expliquant que les compagnies pouvaient gagner pas mal d’argent en virant les pilotes du poste de pilotage. On pourrait presque croire au gag mais finalement, en parlant à quelques pilotes et exploitants, la conclusion est un peu glaçante pour la profession. Las avions savent faire déjà faire pas mal de choses en auto, les pilotes d’Air France passent assez vite en PA pour l’enlever en approche (ou presque). Les constructeurs savent faire voler leurs avions en autonome, les faire se poser et, moyennant une bigdata bien renseignée, les faire évoluer sur un aéroport pour les placer au contact. Que se passera-t-il si un grain de sable (ou plutôt une poignée) se coince dans le système ? L’avion saura-t-il piloter en cas de panne hydraulique demandant de jouer sur les poussées des réacteurs pour stabiliser un appareil ? Quid également d’une intrusion de piste ? En fait, c’est surtout une question de budget, de capteurs et de programme. Si un aéroport est truffé de capteurs permettant de prévoir une intrusion de piste, l’information pourra être remontée jusqu’à la batterie d’ordinateurs de l’avion qui trouvera une solution, surtout s’il y a une connexion en temps réel avec le contrôle. De même, si la loi logicielle prévoit une panne hydraulique, elle pourrait piloter les poussées différentielles nécessaires pour stabiliser l’avion. En vol, grâce à des ordinateurs très puissants, les trajectoires pourront être affectées à un avion qui pourra en changer en cas de conflit, le tout en automatique. La collision évitée entre un A380 d’Emirates et un A330 d’Air Mauritius vient d’une incompréhension entre pilotes et contrôle… En automatique, cela ne devrait pas se produire. Plusieurs pilotes nous ont bien affirmé que l’insécurité aérienne est dans la majeure partie des cas due à l’erreur humaine. Ils se disent convaincus que l’automatisme apportera de la sécurité, c’est d’ailleurs le principal argument qui pourrait faire basculer tout le système : Etats, compagnies et… public. Pour nos interlocuteurs, ce public ne fera confiance aux avions sans pilotes que lorsqu’il ne conduira plus sa voiture et qu’il s’en remettra aussi dans ce domaine à l’automatisme. Reste à savoir si la fonction PNC pourra elle aussi « automatisée », le problème est plus ardu. L’article complet est à lire dans notre numéro de septembre.