Comment faire baisser le prix des avions légers en aviation générale ? À l’image du secteur automobile, il suffirait d’accroître significativement le nombre de pilotes/propriétaires pour s’orienter vers le modèle de la production de masse. Mais aujourd’hui, il y a un step important à franchir : passer sa licence et l’entretenir, ce qui représente un obstacle pour ceux qui n’ont pas les moyens, ni le temps, ni l’envie de s’immerger dans la licence. Mais alors pourquoi ne pas rendre automatique le pilotage avec des systèmes complets, intelligents et capables d’analyser l’environnement de l’appareil pour effectuer le vol (ou la mission) en automatique déchargeant le propriétaire qui alors n’a plus besoin officiellement d’être pilote ? Il devra démarrer l’appareil et afficher « Goto » pour sa destination. On voit là poindre une situation d’avions sans… vrais pilotes. À ce titre, comme le révèle notre confrère AeroVfr, une start-up américaine Xwing fondée par Marc Piette veut développer un système de vol autonome d’abord sur la base d’un Cessna 172, l’un des avions légers les plus répandus au travers du logiciel « Autonomy Flight Management System » en cours de mise au point. Il devrait être plug and play. La société a récemment levé 4 millions de dollars et elle possède une dizaine de salariés. Reste que cette solution autonome pourrait bien être confrontée aux mêmes problématiques qui touchent l’aviation commerciale : la décision finale de modification des paramètres de vol (trajectoire, altitude, etc.) si un événement non prévu (d’urgence) devait intervenir sur le vol (problème technique, déroutement, météo…) reste encore la plus efficace si elle est prise par l’homme. Aujourd’hui, même si tous ces paramètres sont susceptibles d’être gérés, les avions de ligne, tout au moins Airbus, garderont leurs pilotes alors qu’ils sont eux dûment formés pour voler. Cette situation n’est donc pas transposable pour le pilote d’aviation légère qui devra, en cas d’événements inopinés. Cela introduit une incertitude pour les pilotes « classiques » (donc formés) concernant les capacités de réaction d’un appareil « sans vrai pilote » volent dans le même espace aérien. Et si la logique de Xwing s’applique, cette situation de mixité entre pilotes et non-pilotes (mais assistés) devrait s’étendre, il faudrait alors créer un indicateur (émission d’un signal) indiquant au pilote classique quel type de pilote il croise. De plus, dans la logique de Xwing, on ne parle pas vraiment de sécurité des vols même si cela est contenu implicitement dans la détection de l’environnement de l’appareil et sa capacité à réagir. C’est avant tout une logique économique et mercantile qui est mise en avant. Reste qu’une nouvelle forme d’aviation sans pilote est sur les rails technologiques avec les appareils hybrides ou électriques qui émergeront dans quelques années…