Il y a beaucoup de critères à voir pour choisir de bonnes lunettes. Si nous prenons la norme, le pilote n’a besoin que d’une paire de lunettes avec une protection 100% UV. Malheureusement, cela ne suffit plus de nos jours si nous voulons réellement prendre soin de nos yeux. En effet, nous avons besoin de beaucoup plus que d’une simple protection UV.

Selon Guiseppe Caruso, responsable de la marque Caruso & Freeland que notre équipe a l’habitude de croiser sur les salons aéronautiques, nous avons deux problèmes qui se posent aujourd’hui en plus : la lumière bleue. « La lumière du jour intègre sept couleurs comme l’arc-en-ciel : rouge, orange, jaune, verte, bleu, indigo et violet. La plupart des gens pensent que  le rouge est plus riche en énergie alors, qu’en réalité, ce sont le violet et l’indigo. Nous parlons à ce moment-là de la lumière bleue. C’est celle qu’il faut absolument filtrer pour protéger la partie postérieure de nos yeux, au risque d’être victime de la DMLA (Dégénérescence Maculaire liée à l’Age). » L’autre donnée à prendre en compte est la lumière infra-rouge. Donc pour bénéficier d’une protection maximale, il faudrait un verre qui protège à la fois des UV, de la lumière bleue et de l’infra-rouge. Pour tous ceux qui ont besoin d’une vraie correction. Chez certaines marques, elle peut être intégrée : unifocale, bifocale ou progressive avec un large champ de vision.

Choisir ses verres solaires aéronautique - Aviation et Pilote archive

Pour en savoir un peu plus sur le sujet, nous mettons à votre disposition un article que nous avons précédemment publié dans notre magazine Aviation et Pilote. Bonne lecture !

Pilote VFR ou IFR volant au-dessus de la couche en plein soleil, nous avons tous une paire de lunettes de soleil à portée de main. Mais est-ce la bonne pour protéger vos yeux ?

Généralement le pilote prend plus soin de ses oreilles que de ses yeux. Finalement, avoir un bon casque est aussi un gage de sécurité, rien de plus normal ! Pourtant, sur le long terme, porter des verres non adaptés peut abîmer vos yeux. Comme il existe des spécialistes du casque aviation, on trouve aussi des spécialistes de la lunette de soleil pour pilote, et nous ne parlons pas ici du style « aviateur » qui fait encore aujourd’hui le succès de certaines marques.

Ils sont quelques-uns à proposer ces lunettes : Caruso & Freeland, Scheyden, VedaloHD, American Optical Eyewear, Randolph Engineering, etc. Certains pilotes apprécient aussi des marques comme Maui Jim ou Serengeti. La plupart du temps, ces fabricants s’adressent à d’autres sportifs qui œuvrent sur la mer, la neige, derrière un pare-brise…

Il faut savoir que chacun est exposé au rayonnement ultraviolet (UV) émis par le soleil, mais que son intensité dépend de plusieurs facteurs comme l’altitude : aux altitudes élevées, l’atmosphère plus ténue absorbe moins de rayons UV, et la couverture nuageuse : l’intensité du rayonnement est plus forte quand le ciel est clair, mais peut aussi l’être sous une couverture nuageuse. Certains nuages se comportent même comme une lentille optique en concentrant les rayons. Mais il faut aussi compter sur : la réverbération au sol, l’élévation du soleil, la latitude (plus on se rapproche des régions équatoriales, plus l’intensité augmente), l’ozone… La conséquence d’une mauvaise protection est la cataracte : baisse de la vue, brouillard, éblouissement à la lumière vive… Du reste, son dépistage est un des points de la visite médicale périodique d’aptitude.

Les lunettes proposent au minimum une protection anti-UV – la plupart des verrières sont aussi équipées d’un filtre, mais pour certains experts nos yeux sont confrontés à un autre danger : la lumière bleue, laquelle provoque d’autres dégâts comme la dégénérescence maculaire (DMLA). Pour faire bref, la lumière blanche est constituée de rayonnements de longueurs d’onde différentes qui correspondent chacune à une couleur. La lumière bleue – qui fait partie du spectre visible – est celle qui se diffuse le plus. L’infrarouge, dont il faut aussi se protéger, fait quant à elle partie du spectre invisible. Or, quand il vole, le pilote est généralement « exposé » au ciel bleu…

Or une protection 100 % UV ne protègerait que la partie antérieure du globe oculaire, la cornée et le cristallin. La partie postérieure, la rétine et sa macula, étant souvent oubliée alors qu’elle est aussi sensible à la lumière bleue. L’œil fait naturellement son travail et absorbe tous ces rayonnements, ce qui fait se poser la question des conséquences sur le long terme ? Pour celles et ceux qui sont une bonne partie de leur temps dans les airs, cela vaut donc le coup d’investir dans vos yeux pour une lunette de soleil avec une protection UV, lumière bleue et infrarouge.

Il est aussi bon à savoir qu’en aéronautique, les verres ne doivent pas être polarisants (c’est-à-dire qui évitent les reflets gênants), au risque de ne pas bien lire les écrans de son glass cockpit, voire même de ne pas repérer un autre avion dans le ciel dans certaines conditions météos. Ensuite, il est préférable de choisir une monture légère et un bras très fin pour ne pas gêner avec le casque, une lunette réglable pour s’adapter parfaitement au visage, une couleur neutre pour la teinte et une protection totale autour des yeux. Une forme bombée permet aussi d’éviter que la lumière entre latéralement. Le mieux est encore d’essayer. Certaines marques sont présentes sur les salons, certaines boutiques aéronautiques proposent également quelques modèles, n’hésitez pas à leur poser des questions.