Ce mois-ci, j’ai frappé comme d’habitude des dizaines de milliers de signes sur mon Mac sans difficulté. Cependant je n’ai pas réussi à créer le fichier « édito 503 » avant ce matin, six heures, bien obligé de le faire car nous devions être chez l’imprimeur en fin de matinée.

Pourtant ce n’est pas faute d’avoir ouvert un fichier virtuel dans un coin de ma tête depuis deux semaines au moins, d’y avoir pensé au sol en traitant des dossiers routiniers et en vol où l’esprit vagabonde encore plus librement, d’avoir testé ensuite mes idées sur les amis mais, hélas, aucune réaction ne m’a laissé entendre que je tenais un sujet d’importance, me permettant d’enfourcher mon cheval de bataille avec détermination.

Bien sûr, tout le monde s’oblige à dire que la vie doit reprendre son cours normal mais ce n’est pas sincère, chacun sent confusément que le temps de l’innocence est terminé, que rien ne sera jamais plus pareil.

Alors, tout le reste…

J’avais pensé en désespoir de cause disserter sur l’incommensurable connerie humaine mais, après quelques recherches, j’ai compris qu’il serait difficile de passer après Einstein : « Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue.»

Avant cela j’avais pensé évoquer les nombreuses réactions au vitriol que nous avons reçues du fait de notre enquête sur « le » sujet tabou par excellence, je veux parler d’Air France et du SNPL, un travail pourtant long et compliqué car les intéressés ne parlent qu’avec réticence et uniquement quand ils nous aiment bien…

J’aurais peut-être aimé vous raconter un sujet bien plus drôle, le brainstorming auquel nous avons participé à Carcassonne dans le hangar du tonitruant
Jean-Claude Ramon, fin pilote et distributeur d’avions, grand amateur de havane et de paella…

Ou aussi, mais c’est moins drôle, vous entretenir d’un procès qui va s’ouvrir prochainement aux USA à la suite de l’accident d’un Van’s et qui risque de menacer la construction amateur à terme s’il est gagné…

Mais je n’ai pas le cœur à cela. Comme certains d’entre vous, je reste obsédé par la tragédie que nous vivons, par tous ces SMS reçus pendant une semaine d’un jeune couple ami victime physiquement et moralement des attentats de Paris et qui risque de ne jamais s’en remettre même si le dernier MMS reçu hier soir dimanche, une joyeuse photo accompagnée d’un optimiste « Retour à la maison ! », montre que leur vie va reprendre un cours qui se voudra normal.

La liberté a un prix, la vie a un prix, exprimons notre liberté, vivons, volons !