Les responsables de Dassault Aviation ont tranché : devant le retard pris par la mise au point du moteur Silvercrest qui devait équiper le Falcon 5X, le contrat avec le motoriste est résilié, ce qui conduit à l’arrêt du programme dans sa forme actuelle. En réalité, le constructeur d’aviation d’affaires ne renonce pas au projet, il vient de relancer dans la foulée le programme d’un nouvel avion. Cet appareil reprendra les grandes lignes du cahier des charges du 5X. Eric Trappier, le PDG du groupe aéronautique estime que le besoin d’un avion long range avec une cabine large est toujours d’actualité. Le nouveau Falcon reprendra donc la cellule du 5X et sera motorisé avec des réacteurs Pratt et Whitney Canada. Le range prévu est de 5500 nautiques. Il devrait entrer en service en 2022. Cette décision fait suite à un nouveau décalage que le motoriste laissait clairement entendre ne décembre : « Les essais terminés du troisième trimestre 2017 l’ont conduit à informer Dassault Aviation et le marché d’un décalage du calendrier de certification du moteur Silvercrest devant permettre d’atteindre les performances du moteur dans l’ensemble du domaine de vol ». C’est un décalage de trop pour Dassault. Pour le constructeur, c’est évidemment un coup dur. Il va arriver sur ce marché avec du retard. Pour Safran, c’est également un coup dur, le motoriste perd une partie de sa crédibilité, même si tout le monde sait dans l’aérien que les problèmes à la conception et la mise au point ont touché, touchent et toucheront tous les constructeurs. Les programmes hors délais et hors budget sont légion dans l’aéronautique. On se souvient encore des visages pleins d’espoirs des différents partenaires au lancement du programme : un avion français avec des moteurs français. Mais si Safran excelle avec le programme CFM 56, la conception et la mise au point d’un petit propulseur se sont révélées bien plus complexes que prévu. Et dans ce cas précis, qui peut le plus ne peut pas le moins. Initialement, le moteur aurait dû être livré en 2013 pour une mise sur le marché des premiers appareils cette année. Mais Safran a rencontré des problèmes majeurs en 2015 et 2016 sur le Silvercrest, proposant à Dassault Aviation un engagement de livraison du moteur pour 2017, ce qui de facto, induisait une production en série de l’appareil en 2020. Le 5X a pourtant fait son premier vol en juillet avec des moteurs provisoires, ce qui limitait sensiblement le programme d’essai. À l’automne, Safran était encore confronté à une mise au point difficile. Dassault a sifflé la fin de partie. JMB