Depuis trois ans, Deauville est reliée à Londres Stansted, situé à 60 km au nord-est de la capitale anglaise, par la compagnie Ryanair. Et comme pour toutes implantations de nouvelles lignes, la compagnie irlandaise a touché 300 000 euros par an en provenance de la Région, selon une réglementation européenne connue. Ce dispositif prendra donc fin en décembre et officiellement, il ne peut être reconduit en l’état. La question qui se pose est de savoir si Ryanair conservera cette ligne sans subvention. On sait que la compagnie irlandaise a construit son business model sur ce type d’aides. En revanche, la donne pourrait changer si la compagnie installe une autre ligne à partir de Deauville. Au sein de l’aéroport, le départ de Ryanair serait une vraie déception puisque le trafic entre Deauville et Londres est d’environ 16 000 passagers sur les 140 000 pax qui transitent ou partent de la ville côtière. Pour l’heure, Ryanair n’a pas manifesté la volonté de partir puisque ses vols sont encore programmés pour 2018 alors que dans d’autres circonstances et d’autres régions, la fin des subventions avait signifié l’arrêt des vols. Cette ligne unique entre Deauville et Londres ne représente « que » deux vols par semaines, ce qui n’est pas un engagement important pour la compagnie irlandaise ; en revanche la zone de chalandise de Deauville s’étend facilement jusqu’au Havre. À quelques kilomètres de Deauville, se trouve Caen qui possède, elle aussi, sa ligne vers Londres Southend, exploitée par Flybe. Y a-t-il concurrence ou allocation non efficace des moyens ? Les autorités aéroportuaires estiment que chaque plateforme a une clientèle établie qui ne se chevauche pas. Du côté de la Région, on ne croit pas beaucoup à la viabilité de deux lignes vers la capitale londonienne et partant de deux villes normandes distantes seulement de 40 kilomètres. La décision de financer ces lignes par un dispositif différent n’est pas encore connue de la Région. Tout le monde attend donc la feuille de route de la collectivité. Mais il est clair que si Ryanair part, la Région est prête à financer de nouveau l’arrivée d’une compagnie. Il restera à savoir si les 16 000 passagers de Ryanair seront encore là pour la faire vivre. Les clients aériens s’envolent facilement ailleurs. On en saura peut-être un peu plus la semaine prochaine : les autorités aéroportuaires reçoivent la certification européenne de Deauville.