Ce sera très certainement une grande première en Europe : on va pouvoir apprendre à piloter un avion léger sans rejeter ce scélérat C02 dans l’atmosphère. Grâce à l’initiative conjointe de la fédération française aéronautique (FFA) et le constructeur slovène Pipistrel, un Alpha Trainer électrique sera avant la fin de l’année mis en service dans six aéroclubs de la plate-forme de Toussus-le-Noble (78) pour l’apprentissage du pilotage. On peut dire qu’une nouvelle ère commence. C’est la première fois que le très prudent secteur de l’aviation générale testera grandeur nature une solution innovante, l’avion à électron. Les aéronefs suivent ainsi de près les voitures, on peut même espérer que l’hybride prenne également un jour toute sa place dans nos espaces aériens. Airbus y pense pour ses avions régionaux… L’exploitation d’un avion électrique est une nouvelle frontière comme l’entendait Kennedy pour les clubs et… le constructeur. Il va falloir réfléchir à la doctrine d’utilisation de l’appareil, les instructeurs rompus au fonctionnement des moteurs à pistons vont devoir se remettre sur le métier. En partie seulement puisque le comportement en vol ne devrait pas totalement diverger d’un appareil à moteur thermique. Il devrait décrocher de manière sensiblement identique aux autres avions de club, il a été conçu pour cela. Les instructeurs vont d’abord se former sur la machine et sans doute revoir une partie de la pédagogique pratique en vol. Ainsi, le bruit ne sera -logiquement- plus le même et le temps de réponse du moteur électrique sera différent. Les instructeurs et les mécaniciens de ces clubs cobayes devraient prochainement suivre un stage de formation auprès de Pipistrel, ensuite il faudra régler les détails réglementaires pour une mise en service avant la fin de l’année. Cette arrivée dans les clubs est aussi pour le constructeur une occasion unique de recueillir d’innombrables informations sur le comportement de l’avion, et ce dans des conditions d’utilisation plus intensives que celle du pilote privé/propriétaire, c’est la voie indispensable vers la fiabilisation de la machine. Au plan réglementaire, on mesure la nouveauté quand on sait que la licence de pilote privé est en fait une Single Engine Piston (SEP). Pas de traces de pistons sur l’Alpha Electro… Mais l’Agence européenne de sécurité aérienne (ESASA) reste ouverte à l’innovation : l’Alpha Trainer dispose d’un laissez-passer pour être exploité, le temps sans doute que l’on ai pu changer l’intitulé des licences et que l’on ait établi une certification pour appareil électrique. De son côté, l’Aviation civile suisse vient de délivrer un laissez-passer pour un autre Alpha Electro chez les Helvètes. Et pour accompagner le mouvement, le constructeur Pipistrel a mis au point avec l’aide de trois universités slovènes une station de charge de l’appareil qui ressemble à une station à essence. Elle permettra de faire le plein de watts en une heure.