Du 22 au 24 mai dernier, le monde de l’aviation d’affaires était réuni sur l’aéroport de Genève comme chaque année. L’EBACE étant coorganisée par la puissante NBAA américaine et son alter ego européenne l’EBAA, il était intéressant de comparer le point de vue des acteurs des deux marchés réunis sous un même toit. Globalement, peu des 400 exposants venus de 40 pays avaient le sourire concernant leurs activités sur le vieux continent. Voilà presque 10 ans que la crise sévit sur le secteur de l’aviation du transport à la demande. Les années qui ont précédé le krach financier de 2008 étaient euphoriques ; un peu trop peut-être. Production maximum chez tous les avionneurs, voire surproduction et projets à foison de l’ultra-luxe démentiel comme l’aménagement de l’Airbus 380 VVIP au soufflet du jet pour tous, ou enfin presque.

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Nous y voilà ! Que de mails, de coups de téléphone, de journées et de nuits trop courtes ! Ce réveil aux aurores sent un doux parfum d’excitation. Le jour se lève sur un ciel dégagé sans brumes et brouillards. Tout le monde est sur le pont. Point de retardataires. Les avions, les voitures qui suivront le raid ainsi que les hommes sont prêts à démarrer une semaine d’aventures pour redonner des ailes au monde de l’hydraviation. « L’hydravion pour relier les hommes. »

Tout Raid Latécoère, commence par un bon briefing. Le directeur des vols présente, sans grandes difficultés la météo, les NOTAM, la route suivie. Nous volerons en patrouille lâche, une seule radio, un seul code transpondeur. Une étape est prévue à Muret pour ravitailler. Le briefing concernant l’amerrissage sur la retenue du Mancies dans un bras de la Garonne, près de Carbonne, demandera un peu d’attention car le terrain de jeu est bien différent du lac de Biscarrosse. De plus, il convient de respecter l’arrêté préfectoral d’autorisation d’hydrosurface.

Il est temps de partir car beaucoup de monde nous attend, il faut donc respecter le timing.

Alors que les deux Seamax ULM règlent un problème technique de dernière minute concernant une batterie récalcitrante, les trois PA-18 d’Aquitaine Hydravions s’alignent sur la piste 27 pour un décollage à 10  secondes. La patrouille se forme en vent arrière cap à l’est. Le lac est magnifique, un vrai miroir où se reflète un ciel sans nuages. Sous les regards de nos amis et familles au sol, nous abordons déjà la mer de pins qui déroule sous nos ailes. Nous montons à 3 000  ft et c’est à 91 kt de Vs que nous atteindrons Muret.

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