Propos recueillis par Jean-Michel Bossuet, photographie E. Ayrault.

Très vite, j’ai su que je voulais voler. On peut même dire dès le début, enfin autant que je puisse puiser dans mes souvenirs. C’est d’abord la vitesse qui m’intéressait, ce n’était déjà pas commun pour une fille… Mais je voulais être pilote de chasse, peut-être pilote d’essai… Ma curiosité naturelle et mon caractère déterminé m’incitent à lire des revues, glaner des informations… Jusqu’au bac, je n’ai du vol qu’une idée assez théorique. Vers 17 ans, le père d’un ami me fait faire un tour sur un tagazou, il travaillait à Air France et volait à Lognes. Mais c’est un baptême de l’air à Saint Cyr offert par mes parents qui scelle cette passion en moi. À l’époque, je me suis déjà pas mal renseignée sur les différentes voies d’accès à la carrière de pilote de ligne et pilote de chasse, mais l’année de mon bac coïncide avec la première guerre du Golfe en 91. Autant dire que c’est un coup de froid sur le transport aérien, les compagnies arrêtent les embauches. De mon côté, j’avais identifié une filière intéressante au sein de la fac de Versailles qui, moyennant deux heures de cours supplémentaires par semaine, permettait la préparation du concours d’entrée à l’ENAC. Entre-temps, j’ai lâché la chasse… J’ai donc commencé les cours en septembre, trois mois plus tard, la prestigieuse ENAC n’organise plus de concours, au moins provisoirement. Première déconvenue qui galvanise ma motivation. Je dois changer de méthode. Je m’abonne à une revue, Aviation et Pilote pour ne pas la nommer, et je piste alors toutes les formations américaines, cela va durer trois mois puis je décide d’apprendre à voler chez l’Oncle Sam, notamment pour le coût et les facilités. Mes parents adhèrent économiquement au projet. J’ai bien compris au travers des lectures que l’aviation, là-bas, est très différente.

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