Si tout le monde ne connaît pas encore le projet CDG express, il devrait (peut-être) faire parler de lui dans les prochains mois. Il s’agit d’une desserte directe de Roissy Charles de Gaulle au départ de la gare de l’Est. A priori, tout le monde est pour. Les compagnies aériennes demandent une desserte plutôt automatique vers une destination difficile à atteindre par la route avec des axes encombrés (A1 et A3) et un RER B lui aussi saturé. Paris est une des rares métropoles à ne pas avoir ce type de desserte, les dirigeants de compagnies en attendent une attractivité de l’aéroport. Le projet soumis à enquête public fait l’objet d’une certaine opposition dans sa forme actuelle. Plusieurs élus estiment que cette desserte sera en concurrence avec les infrastructures qui seront développées avec le Grand Paris Express à l’horizon 2020. Mais surtout, bon nombre de contributeurs estiment que le projet est pharaonique avec un coût compris entre 1,65 et 1,9 milliard d’euro. Or selon une étude, le prix futur du billet de 21 ne couvrira pas les objectifs de retour sur investissement. Déjà, Vinci, doutant de la rentabilité du projet avait jeté l’éponge alors qu’il avait remporté l’appel d’offres, il y a quelques années. On voit poindre dans le dossier le financement du projet par une taxe sur les billets. La menace est précise pour que la Fédération Nationale de l’Aviation Marchande (FNAM) monte au créneau pour s’opposer fermement à cette proposition qui n’est pas encore officielle et qui pourrait être envisagée six ans avant le projet. Selon la FNAM, les promoteurs de cette solution affiche une totale une méconnaissance de l’aérien : les passagers aériens n’étant pas prêts à payer plus cher, cette taxe portera sur les compagnies aériennes sous forme de charges additionnelles». La FNAM propose d’autres alternatives pour le financement. Mais, sera-t-elle écoutée par le pouvoir ? Le rapport Leroux sur la compétitivité du transport aérien est resté lettre morte.