Propos recueillis par Jean-Michel Bossuet.

On ne peut pas dire que j’étais un réel passionné. Mais tout de même, je voyais parfois depuis la ferme de mes grands-parents, mon père, radionavigant de l’Aéronavale, se poser sur l’aéroport de Rennes. Je me souviens avoir cru « prendre les commandes » d’un DC4 militaire en revenant d’Afrique, j’avais six ans. Hormis cela, rien. Plus tard, après quelques années en fac de langues de 1969 à 1972, je suis saisi d’une envie « d’ailleurs ». Je pars en Afrique en coopération pour y enseigner le français et l’anglais dans une mission catholique à Tchibanga sous l’équateur. C’est à ce moment que je découvre l’aviation de brousse, sa météo incertaine, ses pistes en latérite, son système D et l’aventure aéronautique avec deux A majuscules.

Je retrouverai plus tard toute cette ambiance dans le livre « L’avion du Blanc » de Jean Claude Brouillet, fondateur de Transgabon et d’Air Service. Rapidement, après un premier poste à Libreville comme expert aux avaries, je deviens responsable administratif de 2 provinces au sein d’une compagnie d’énergie (j’ai entre-temps passé un probatoire au DECS par correspondance au CNAM). Toutes mes tournées s’effectuent en avion au-dessus du Gabon ou sur les pistes en Land Rover.

À ce moment, je décide de m’inscrire en 1976 à l’Aéroclub de la compagnie minière de l’Ogoue. J’apprends sur un Cessna 150 un peu défraîchi. L’instructeur n’est pas toujours disponible ; cela me prendra deux ans. Entre-temps, je sympathise avec le patron du club qui m’embauche au poste de chef de la comptabilité générale à la Comilog.

[…]