Par Patrick Gisle, photos de l’auteur.

Dès que l’on quitte la bande littorale large de quelques kilomètres et longue de 350 km, on se retrouve en forêt amazonienne primaire, laquelle couvre 90 % de ce grand territoire équivalant à un sixième de l’Hexagone (86 000 km2). Entre réseau hydrologique très dense, forêt impénétrable et nombreux reliefs, il n’y a plus de routes et rares sont les pistes. Les trajets en pirogue, toujours très pratiqués, restent longs et souvent hasardeux. Bien que quelques aérodromes existent le long des frontières avec le Surinam ou le Brésil et dans le centre, seul l’hélicoptère peut couvrir rapidement en tout point et par tous temps le plus grand département français pour transporter rapidement hommes et matériels. En une trentaine d’années, ce département parmi les moins peuplés s’est retrouvé l’un des mieux dotés en hélicoptères publics et civils.
On dénombre quatre sociétés de travaux héliportés, deux hélicoptères Dauphin pour le SAMU, une section aérienne de Gendarmerie avec 1 EC145 et 1 AS350 et une base de la Sécurité Civile avec son Dragon. On peut ajouter aussi la base 367 de l’Armée de l’Air située au bout de l’aéroport de Cayenne-Félix Eboué qui dispose de 9 machines à rotors, 5 Puma et 4 Fennec.

Si on comprend facilement le besoin en hélicoptères pour les services publics de secours dans un tel environnement, pourquoi donc quatre sociétés privées de prestations héliportées et plus de dix appareils pour une forêt difficilement pénétrable et quelques milliers d’habitants ?

Certes, il y a les organismes publics, les municipalités et les entreprises qui œuvrent pour ces derniers, mais avec uniquement 22 communes et 95 % des habitants dans la bande littorale, ils ne sont que le second affréteur d’hélicoptères. Le principal client pour celui dont le nom le prédestinait à ce pays : l’agile et infatigable Ecureuil AS350, c’est l’exploitant de mines d’or.

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