C’est le fantasme ultime de tous les passionnés de warbird et de tous les amateurs de tous les avions de chasse des seigneurs du ciel : faire revivre un « piège » qui appartient au passé. L’association Replic Air, après un Morane Saulnier de type G, s’est attaqué à faire repétarader un avion datant de cette période tourmentée, sans toutefois que celui-ci ait participé –hélas- au conflit mondial : il s’agit d’un Dewoitine D551. Les fondus de dogfight des années 40 se souviendront facilement du Dewoitine 520, l’un des rares chasseurs français (avec le MS 406 et le Bloch 152) à avoir infligé quelque 1000 pertes à la chasse allemande. Le D551 est son digne successeur, une version racée, aboutie, supérieure du savoir-faire français. Il était équipé d’un moteur Hispano de 1000 ch, 100 de moins que les premiers Messerschmitt 109 ; avec une telle cavalerie, il était capable (en théorie) de voler à plus de 662 km/h, de quoi laisser sur place les Emil (BF 109 E) de l’ennemi. Quelques exemplaires ont été fabriqués avant l’armistice qui a scellé définitivement le sort du Mustang français : la ferraille. Pas étonnant donc que tout le monde attende la re-fabrication de cette bête de course qui aurait pu faire changer une partie du cours de l’histoire. L’association a récupéré en Suisse deux moteurs en bon état, ils sont en cours de révision au sein du musée Safran. Conçu à partir d’une maquette numérique, l’appareil sera refabriqué selon les standards de l’époque : les longerons sont en cours de fabrication, un certain nombre de gouvernes sont également en cours de réalisation. Assystem, le groupe d’ingénierie, s’est associé au projet pour la conception des pièces en impression 3D (ALM, Additive Layer Manufacturing). L’assemblage devrait débuter d’ici quelques semaines avant le passage en soufflerie, en attendant, une maquette a également été construite pour tester les instruments. Il faut encore faire preuve de patience !