Avant de pouvoir voler dans des avions qui carburent à l’électron, il faut éprouver les systèmes, créer des filières et des secteurs de recherche. Airbus et un certain nombre de constructeurs se sont lancés dans l’avion sans carburant (ou quasiment) carboné à terme. Cette incubation générale de l’énergie propre se traduit au bas de l’échelle aéronautique avec le lancement de projets hybrides. Après le Cassio, une famille d’appareils électriques hybrides dévoilée fin octobre par Jean Botti, l’un des parents de l’E-fan, c’est au tour de Diamond de faire voler un appareil hybride conçu sur la base d’un DA 40. Le constructeur sino-autrichien s’est associé à Siemens pour élaborer un bimoteur électrique dont l’énergie sera fournie au travers d’un générateur par un moteur à combustion thermique de type Diesel installé dans le nez de l’appareil. Il alimentera deux batteries de 12 KW qui serviront de tampon pour fournir l’énergie à deux moteurs électriques d’une puissance globale de 150 KW, soit l’équivalent de 200 ch. Ces deux moteurs sont implantés au bout de pylônes, eux-mêmes fixés de part et d’autre du nez de l’appareil. Comme la plupart des avions hybrides déjà vus sur le marché du futur, il pourra décoller en configuration électrique donc sans nuisance sonore (mode 1) ni pollution ; mais en altitude, le moteur Diesel chargera les batteries (mode 2). Le générateur (et le moteur thermique) sera également capable de fournir toute l’électricité du moteur (mode 3). Ce premier vol a duré 20 minutes, le pilote a pu atteindre 130 kt et 3000 ft. Grâce à l’hybride, les constructeurs pourront s’affranchir du frein principal du « tout électrique » : l’autonomie. Celle de l’appareil hybride de Diamond devrait être d’environ 5 heures. Ce banc d’essai volant doit permettre au constructeur de vérifier le gain en efficacité par rapport à une version classique. Diamond y voit un véritable avenir d’autant que la Chine souhaite devenir leader dans ces technologies.