La nouvelle compagnie à coût modéré, Joon, a décollé le 1er décembre pour sa première destination Barcelone. Elle desservira Berlin Tegel à raison de 8 vols par semaine, à cela s’ajouteront Lisbonne et Porto dans un premier temps. Puis, ce sera Rome Naples, Oslo et Istanbul, soit 2500 places offertes avec de 6 A320. Le secteur moyen-courrier disposera à l’horizon 2021 de 17 avions, dont des A321 au range plus étendu. Les premiers tarifs pour ces destinations sont « à partir » de 39 euros l’aller. Le secteur long-courrier sera calé sur Mahé aux Seychelles, Fortaleza au Brésil, Le Caire en Égypte, le Cap et Téhéran aux tarifs respectifs de 299, 249, 149 et 279 euros pour les quatre premières destinations. On sait également que les appareils employés sur le le secteur long-courrier seront les A340-300 d’Air France, logotés Joon. La première question qui se pose est de savoir si Joon est la bonne réponse à l’objectif de départ qui était de reprendre pied sur les lignes pour lesquelles Air France se faisait distancer. Officiellement, Joon s’annonce comme un succès selon Franck Terner et Jean-Marc Mathieu qui ont présenté les premiers appareils à la presse fin novembre. Les compagnies visées étaient clairement, au départ (quand le projet s’appelait encore Boost) les compagnies du Golfe et celles du continent asiatique. En fait, au lieu d’améliorer le produit Air France face à sa concurrence, voire la ponctualité de ses vols, les dirigeants de notre compagnie nationale cherchent une autre clientèle. Cette stratégie est loin d’être idiote puisque les low cost se sont développées avec ce même objectif. Toutefois, pour l’heure, on ne parle pas de Bangkok comme destination de Joon. La clientèle visée est celle des Millénnials, cette génération Y (18-35 ans) ultra connectée qui, selon l’agence TIPY, représenterait « un groupe démographique supérieur aux générations qui l’ont précédé ». Résultat : le wifi est embarqué, de même que la bonne appli (androïd ou apple) permet avec sa tablette ou son smartphone de se connecter via youjoon et d’écouter de la musique, des séries télé et de prendre son rail de Game of Thrones lors du vol. Le marketing a aussi configuré les produits à bord : une bonne partie de produits bio, même pour la bière… Le café est offert, le reste est payant « comme dans une low cost ». Les uniformes des PNC respirent La coolitude pour les passagers qui seraient presque des copains, mais également pour les PNC qui se sentiront mieux dans leurs baskets. Et justement, la paire de baskets fait partie du package. Rien ne dit si les pilotes seront eux aussi dans la coolitude avec des vestes qui délaisseront le bon vieux bleu marine. Même easyJet ne s’est pas risquée à donner des uniformes oranges aux pilotes. La cible paraît atteinte en tout cas : l’accueil par les Millénnials est déjà « très positif sur le moyen-courrier » et « très prometteur pour le long » selon Franck Terner, le directeur général d’Air France. JMB