Finalement, tout est allé très vite sur l’échelle de croissance d’une compagnie. Il y a eu d’abord la prise de participation des Chinois de Hainan Airlines puis l’arrivée de David Neeleman, le fondateur d’Azul en Amérique latine. Enfin, Frantz Yvelin, le new P-DG, a rejoint l’Airline, transfuge célèbre de La Compagnie. Depuis, la compagnie spécialisée dans les dessertes affinitaires de l’Afrique du Nord a engagé sa mue. Un effort singulier a porté sur la reconsolidation des équipes, la réduction des coûts, l’amélioration de la productivité, etc. Les premiers signes de ce « re-born » aéronautique datent de 2017 avec l’ouverture de lignes moyen-courriers : Beyrouth, Berlin et Moscou entre l’été 2017 et le mois de décembre. La compagnie connaît ce segment de destination, elle exploite des Airbus A320. À noter qu’une desserte sur Milan sera mise en place à partir d’Orly en septembre. Mais, la grande aventure sera le lancement des dessertes en long-courrier. La première étape sera, logiquement, Pékin dès le 21 juin à raison de trois rotations par semaine. Le 5 juillet, ce sera Sao Paulo au Brésil avec, dans un premier temps, trois dessertes par semaine puis 5 dès septembre. Ces vols seront assurés par les deux Airbus A330 récemment livrés, configurés en biclasse. Enfin, Aigle Azur s’est lancée dans une politique de partenariat avec d’autres compagnies. C’est le cas avec Corsair dans le cadre d’un partage de code et des salons à Orly, idem avec Air Caraïbes. Aigle Azur va se rapprocher dans l’avenir d’Hainan Airlines, d’Azul Brazilian Airlines et, plus près de nous, de la compagnie portugaise TAP. Devant cette débauche d’énergie collaborative, on en peut s’empêcher de penser qu’Aigle Azur pourrait avoir un rôle de premier plan dans le cas d’une consolidation du transport aérien français.