Par Jacques Callies, Photographies A&P.

Lorsque notre ami Benjamin Grange, la trentaine, ingénieur et pilote professionnel, m’a rappelé qu’un atterrissage, c’était une remise de gaz non effectuée, que c’était du moins ce qu’on lui avait appris il y a une dizaine d’années, cela m’a rappelé une recommandation du Bureau d’Enquêtes et d’Analyses, après la sortie de piste d’un gros-porteur, qui expliquait que la remise de gaz ne devait pas être vécue comme une situation d’échec.

Cet avis, probablement une banalité pour certains, ne l’était pas pour moi car le principe même de la remise de gaz n’avait quasiment jamais été abordé lors ma formation de pilote privé en 1973. Il m’avait fallu attendre d’être en école IFR, quinze ans plus tard, pour comprendre la nécessité de se préparer à la remise de gaz, non pas parce que je risquais de casser mon avion dans le cas où je maîtriserais mal son pilotage, mais parce que le plafond pouvait être trop bas, ou la piste occupée. Je n’avais donc intégré cette manœuvre que comme la conséquence de facteurs extérieurs…

Comme nos locaux sont situés en seuil de piste, il m’arrive fréquemment d’assister depuis mon bureau de Lognes à des arrivées trop rapides ou trop hautes. Dans 99 % des cas, elles sont suivies d’une remise de gaz. Sinon, c’est la sortie de piste, avec un minimum de dégâts (pneus carrés, déjantés ou éclatés) car la piste en dur de 700 m est prolongée par de l’herbe. Dans ce cas, on se demande bien pourquoi le pilote n’a pas remis les gaz. Question : savait-il que sa sortie de piste était courue d’avance ?

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