On appelle ça un sérieux coup de pouce ou encore un sacré coup de projecteur. Le ministre Jean-Baptiste Djebbari s’est déplacé ce lundi 6 janvier à Toussus-le-Noble (78) pour visiter le « Fab Lab » de la Fédération française de l’aéronautique (FFA). Il a pu faire un petit vol sur un Alpha Electro de Pipistrel, premier appareil de série électrique. Par Fablab, il faut entendre une sorte d’atelier d’expérimentation…

Ce tour de piste était presque un exercice de style pour le ministre pilote de ligne, passé à la politique. À l’occasion de ce déplacement, il a voulu découvrir « plusieurs innovations propres à rendre l’aviation plus compatible avec l’engagement climatique et écologique de la France à la suite des accords de Paris. » Devant quelques journalistes présents, il a pris place à bord de l’aéronef avant de revenir 5 minutes plus tard, l’air satisfait.

« Enfin », pourrait-on dire. Avec cette visite, l’État au plus haut niveau s’intéresse à l’expérience que mène la FFA à Toussus. On sait, en revanche, que la DGAC soutient le projet avec énergie. L’Alpha Electro de Pipistrel représente une solution au problème de la cohabitation avec les riverains qui, aujourd’hui, semble apaisée. De plus, c’est également une voie vers un vol sans énergie carbonée directe et à un coût maîtrisé. Mais, il est, de plus, un outil de maturation des esprits vers la transition électrique des avions. L’appareil devrait être utilisé en école, en club et même par Air France.

En effet, la compagnie avait signé un accord pour faire voler ses cadets ab initio sur Pipistrel. L’utilisation de l’appareil fait consensus pour une dizaine, voire une quinzaine, d’heures de formation. Les élèves effectueront en silence l’apprentissage du tour de piste, les manœuvres de base et la sensibilité à la troisième dimension. L’élève y gagnera sur plan économique.

Une partie de la formation

L’usage de l’électrique restera limité pour une raison évidente : la plus grande partie du cursus continuera encore pour un temps sur des moteurs thermiques. L’utilisation ne permettra pas au jeune élève d’être attentif au bruit de son moteur. Il lui faudra également mettre en place une gestion spécifique de l’énergie électrique. De plus, l’appareil est encore pour l’heure exclu des étapes de navigation pour des raisons d’autonomie.

Enfin, l’Alpha Electro attend encore sa certification qui est imminente depuis plusieurs… mois. C’est un dossier particulier puisqu’aucune certification électrique n’a été déjà écrite et obtenue. La seconde partie de la visite du ministre a concerné Turbotech. Cette jeune Start-up devrait produire une turbine moderne, économe, avec diverses gammes de puissance, tout en étant polycarburant.

Le ministre a été surpris d’apprendre que, pour l’heure, aucun concurrent sérieux, américain ou chinois, n’était présent sur ce créneau. Turbotech produira deux types de turbines : un turbopropulseur et un turbogénérateur. Ce dernier ouvrira ainsi la voie des avions hybrides. L’étape de la certification est engagée, mais l’entreprise va d’abord travailler dans le monde des aéronefs non certifiés que sont les ULM. Un grand nombre de constructeurs se sont déjà adressés au motoriste. Ils attendent avec impatience cette turbine pour remplacer les classiques moteurs Rotax sur leurs modèles haut de gamme.

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