Les problèmes du transport aérien s’invitent aux 20 heures des télés. C’est suffisamment grave pour que les Français soient informés des difficultés de deux de leurs compagnies. Mais comme le dit Laurent Magnin, président d’XL Airways, c’est presque trop tard. Depuis plus de 15 ans, la Fédération nationale de l’Aviation marchande (FNAM) et le syndicat des compagnies aériennes autonomes (SCARA) tirent tous les signaux d’alarme. Ils expliquent que le transport aérien français évolue dans des conditions de fortes distorsions de concurrence. Ils expliquent également que le pavillon français recule, que les taxes ne cessent d’augmenter, qu’il n’y a jamais eu de moratoire sur ces augmentations quand les compagnies souffraient d’une mauvaise conjoncture. Le futur président Macron et ses équipes de campagne s’étaient fait bien briefer avant l’élection par les professionnels de l’aérien qui n’ont vu aucun changement après. À la suite des grandes difficultés des deux compagnies Aigles Azur et XL Airways, certes avec des problématiques différentes, le Scara vient d’écrire directement au Premier ministre, (excluant ainsi Elisabeth Borne et Jean-Baptiste Djebarri). Les signataires rappellent qu’Edouard Philoppe a les moyens de sauver le transport aérien français. Les dirigeants du syndicat ne manquent pas de revenir sur cette grande phase de concertation qu’ont été les Assises du transport aérien. Ils soulignent que les acteurs du secteur attendaient autre chose. « Vous en avez retiré l’urgence de mettre en œuvre de nouvelles taxes écologiques, participant ainsi au “flight shaming” qui ne fait que détourner l’opinion des réels enjeux écologiques de la planète ; justifiant ces taxes par la mise en œuvre d’une stratégie qualifiée de “signal-prix” qui pousse le consommateur à opter pour d’autres moyens de déplacement alors que rien ne remplacera jamais le transport aérien sur des distances supérieures à cinq cents kilomètres », soulignent les responsables du Scara. Ironiquement, ils reviennent sur le bilan écologique « loin d’être louable du TGV », au profit duquel d’ailleurs une partie de la taxe sur les billets pourrait être affectée. Mais le réquisitoire est sévère : « Mais vous n’en avez pas retiré l’urgence de mettre en œuvre des mesures économiques et fiscales pour aider nos entreprises à résister à la concurrence étrangère, l’urgence de créer un environnement économique et fiscal propre à attirer les investisseurs qui nous manquent cruellement, l’urgence de mettre en place des mesures que nous vous avons proposées et qui ne coûtent rien au budget de l’État ».
Les signataires rappellent encore que « le transport aérien a depuis longtemps pris seul les choses en main pour financer ses infrastructures aéroportuaires, sa navigation aérienne et sa sûreté, avec maintenant une part significative des contrôles aux frontières, alors que navigation aérienne et sûreté sont des tâches régaliennes au service de l’intérêt général. » Le Scara réclame que le Premier ministre prenne en compte la demande des salariés menacés : celle de créer un environnement économique et social favorable et de ne pas laisser le marché à la concurrence.

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