It’s done ! Depuis le 3 mars, un combat réglementaire s’est achevé avec la victoire des partisans du transport public en monomoteur. L’EASA a donné son feu vert pour légaliser dans sa réglementation cette forme d’exploitation qui va dans le sens des besoins des entreprises. Elles seront très certainement les premières concernées par cette décision qui leur offrira beaucoup plus de souplesse pour leurs déplacements. C’est un ouf de soulagement pour les quelques exploitants qui volaient depuis plusieurs dizaines de mois sous régime dérogatoire. La menace du couperet s’éloigne et tout le monde est plus serein. C’est, on s’en souvient, Frédéric Caussarieu, le dirigeant la compagnie Vol Direct, qui s’est attelé avec des procédures cadrées et centrées sur la sécurité des vols à faire accepter à l’autorité européenne le transport public en mono. Un vrai marathon réglementaire, mais il a su parler à l’oreille de l’EASA pour parvenir dans un premier temps à un régime dérogatoire pour tester en réel le fonctionnement de cette exploitation. Il a été naturellement fortement appuyé par Daher, le constructeur des TBM, pour fournir un ensemble de données techniques et de tests. Rien n’aurait pu se faire sans la bienveillance de Patrick Gandil, le directeur de la DGAC, pilote privé, partisan de cette liberté et convaincu du bien-fondé de cette avancée réglementaire. C’était presque une affaire de bon sens puisque les États-Unis, l’autre pays de l’aviation, avaient compris tout l’intérêt de cette forme d’aviation depuis belle lurette. Désormais, le marché va s’ouvrir : les brookers qui font vivre l’aviation d’affaires devraient cesser d’être frileux et proposer à terme dans leurs cotations des avions monomoteur à leurs clients à la place d’un jet, pas nécessairement beaucoup plus rapide (excepté pour les très longues distances), mais nettement plus gourmand en carburant. Du côté des entreprises, elles pourraient être incitées également à investir dans un avion monoturbine, en sachant qu’au-delà de ses besoins propres, elle pourra mettre plus facilement son avion en exploitation. Cela devrait donc lancer ce marché qui, sur ce créneau, ne sera pas malgré tout le marché du siècle. Tout au plus, peut-on espérer une vingtaine d’avions vendus sur deux ou trois ans et dans les mains de moins d’une dizaine de petits exploitants. L’aspect le plus important à attendre est le maillage des plateformes régionales qui sera rendu possible avec cette exploitation. Ainsi, Vol Direct envisage d’ouvrir plusieurs bases en province. Cette compagnie dispose de deux types de machines : le TBM 850 et le Pilatus PC12, les deux étant complémentaires. Enfin, ce nouveau secteur d’aviation sera également une voie d’accès pour les jeunes pilotes professionnels en quête d’une place en poste, ce à des coûts de formations sensiblement moins élevés. Tout cela est donc une vraie victoire !