Première négociation et première victoire pour Ben Smith, le nouveau dirigeant d’Air France. Du moins est-on tenté de le croire. Les principaux syndicats d’Air France (CFE-CGC, UNAC, CFDT, FO, SNPNC, UNSA-Aérien, SPAF) ont signé la semaine dernière un accord syndical prévoyant une augmentation de 2% pour 2018 avec effet rétroactif et 2% pour 2019 et une nouvelle négociation salariale l’an prochain. C’est un peu plus que les dernières propositions qui avaient été faites en mai par Jean-Marc Janailliac, les syndicats réunis dans une intersyndicale voulaient 5,1% et le SNPL voulait, lui, dans le cadre de négociations catégorielles 4% de plus. Cette signature met donc un terme à une négociation inachevée et un bras de fer qui a coûté 335 millions à la compagnie. Il avait également coûté son poste à l’ancien PDG à la suite d’un référendum auprès des salariés : 55% s’étaient opposés aux propositions de Jean Marc Janaillac. Ben Smith met donc provisoirement à une période d’incertitude. Les salariés se voyaient mal repartir dans un mouvement de grève ; déjà officieusement, on savait depuis plusieurs mois que les syndicats étaient prêts à accepter un bon deal si la direction faisait un effort. Même s’il n’était pas rompu, comme on lui reprochait à son arrivée, aux mœurs syndicales français, en bon connaisseur de l’aérien, il a donné un peu plus pour permettre aux syndicats de sortir de cette spirale gréviste, sans humiliation. C’est déjà une victoire sur ce point.  L’accord a été signé par des organisations qui représentent 76 % des salariés, il a aussi réussi à finalement briser une sorte de front syndical, le SNPL était moteur dans l’intersyndicale. Le syndicat des pilotes d’Air France (SPAF) a également signé. Deux syndicats n’ont pas (encore ?) apposé leurs paraphes. Le SNPL a prévu de son côté un second round de négociations, dite catégorielles, il réclame 10% en tout. En fonction des propositions de la direction, les résultats de cette nouvelle négociation seront soumis aux adhérents, ensuite le bureau SNPL décidera d’apposer ou non sa signature à l’accord du 19 octobre.  Par ailleurs, l’attitude de Ben Smith lors des négociations et ses interventions auprès des pilotes l’ont rendu crédible. Il a fait preuve d’empathie et de bienveillance tout en restant ferme, ce qui semble avoir été apprécié. C’est donc un point très positif pour la suite. Le gros du chantier Air France est devant lui : stratégie de marque, réponse à la concurrence des low cost notamment long-courriers, relation avec KLM et feuille de route pour HOP ! dont la fusion non encore totalement parachevée inquiète les pilotes… Il a déjà en tout cas marqué des points, et sa décision de se séparer de Franck Terner ex DG ainsi que de Gilles Gateau, ex-DRH avait été plutôt bien perçue.