Omer Bar-Yohay, pdg de la start-up israélienne EViation Aircraft et transfuge du monde de la voiture électrique, s’est lancé avec quelques investisseurs dans la conception d’un avion d’affaire pouvant transport un peu plus d’une dizaine de passagers sur des distances qui vont de 100 à 400 nm. Comme bon nombre d’apporteurs de solutions futuristes, Omer vise d’abord le marché de la mobilité urbaine, moyennant l’utilisation de terrains qui aujourd’hui ne sont pas nécessairement ouverts aux vols commerciaux, voire enclavés dans un tissu urbain dense. L’Eviation est un trimoteur à aile basse, deux GMP électriques (260 kw, 350 ch) sont installés en bout d’aile et mode propulsif, le dernier est à l’arrière sous l’empennage. Ils seront alimentés par des batteries Li-Ion. L’appareil mesure 12,20 mètres pour 16 d’envergure et doit pouvoir croiser à 10 000 ft avec une vitesse de croisière de 240 kt, pour une masse maxi de près de 6 tonnes. L’une des caractéristiques est de posséder un empennage en V, à la façon du Bonanza V-Tail ou du Risen. Omer Bar-Yohay croit fermement à la solution du tout électrique pour ce type de vol, tant, selon lui, le gain de l’électrique est supérieur à tout au plan aérodynamique, énergétique et technique. On supprime les trainées de refroidissement : plus de pistons à refroidir, on gagne sur le rendement du moteur, le moteur à pistons pourtant longuement utilisé est un des moins efficaces, quant à la technique, l’entretien est réduit à son strict minimum. La version la plus aboutie des modèles que Omer Bar-Yohay compte mettre en vol peut franchir 600 nautiques. Reste que les coûts de développement sont, par la force des choses, très sensiblement plus élevés que ceux des antédiluviens appareils à moteur à pistons. Omer contourne cette difficulté en réfléchissant à un meilleur partage de l’appareil comme moyen de transport, plus facile à faire qua dans le cas d’une voiture. Il est même convaincu que la technologie des batteries est déjà largement avancée pour assurer le succès d’un tel business model. De même, dans sa pensée, il préfère cette solution tout électrique à l’hybride : ce dernier rajoute de la complexité, sans se débarrasser de rien. Enfin, il vise surtout une certification afin d’avoir la confiance du public et des administrations, même s’il reconnaît que c’est un processus long, tant les « stakeholders » (partie prenantes) sont nombreux.