Par Jean-Michel Bossuet, Photographies OSAC et Air France.

Ce responsable d’atelier de la région parisienne est un vieux de la vieille. Son jugement est tranché : « L’OSAC, c’est le bras armé de la DGAC, si tu te mets à dos l’inspecteur, après, cela remonte dans les étages de la DGAC et attention à tes agréments ! » À l’entendre, l’inspecteur de l’OSAC a un droit de vie ou de mort sur les avions, leur navigabilité, les écoles, etc. C’est un être qui n’aime pas être contrarié, faute de quoi l’administration gardera longtemps un œil suspicieux sur le frondeur. Bref, une vraie terreur. Personne ne peut nier que par le passé un bon gueuleton offert à l’inspecteur local mettait de l’huile dans les rouages au moment des renouvellements de CDN… Depuis 5 ans, cette vision est cependant devenue une caricature.

En 2010, l’OSAC – Organisme pour la Sécurité de l’Aviation Civile – s’est vu confier, à la suite d’un appel d’offres, la mission de surveiller et contrôler l’aviation civile pour le compte du ministre des Transports et sous l’autorité de la DGAC. Cela représente un large spectre d’activités et d’entités économiques à contrôler qui va des compagnies aériennes comme Air France à de grands constructeurs et équipementiers comme Airbus ou Thales, en passant par de plus petites structures comme les ateliers de maintenance ou les organismes de formation agréés, aussi petits soient-ils. Cette impression d’organisme intouchable aux prérogatives régaliennes et parfois arbitraires est précisément ce à quoi que Jean-Marc de Raffin, le président de l’OSAC, et Hugues Ricca, son directeur des opérations, ont entrepris de tordre le cou.

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